Adrian Wyld Stephen Harper. Adrian Wyld / La Presse Canadienne

SCHLOSS ELMAU, Allemagne – Le premier ministre Stephen Harper a expliqué en long et en large, lundi, pourquoi il ressentait autant d’antipathie envers le président russe Vladimir Poutine et pourquoi il voulait que la Russie soit mise à la porte de l’ancien G8 même avant qu’elle ait violé les frontières de l’Ukraine.

M. Harper ne souhaite pas le retour de M. Poutine, car il affirme que ce dernier ne partage tout simplement pas les valeurs du groupe, qui se porte fort bien dans sa nouvelle forme après avoir complété un second sommet sans le combatif leader russe.

M. Harper a aussi félicité les leaders du G7 pour leur solide déclaration sur la crise Russie-Ukraine, louangeant leur accord pour garder en place les sanctions contre l’Ukraine et pour «renforcer ces sanctions, si nécessaire».

Lors de la conclusion du sommet du G7, lundi, en Allemagne, M. Harper a expliqué le raisonnement derrière la ligne dure qu’il a adoptée avec le président Poutine.

Le premier ministre canadien a refusé de dialoguer avec M. Poutine, contrairement à plusieurs autres leaders, qui le font dans l’espoir de trouver une solution diplomatique aux hostilités qui perdurent.

Il affirme en être venu à la conclusion, peu avant l’invasion de l’Ukraine, «que sa présence à la table du G7 n’était pas productive — même qu’elle empêchait le type de discussions, le type de coopération que nous pouvions avoir sur un vaste éventail de questions internationales».

«Même si la Russie peut objectivement partager certains intérêts de sécurité avec nous, M. Poutine en fait son affaire de causer des problèmes — en cherchant délibérément à nous mettre des bâtons dans les roues, partout où il peut», a-t-il lancé.

«Et bien sûr, l’outrage final a été d’essayer d’effacer de force les frontières avec l’Ukraine.»

Le premier ministre Harper, qui a fait sa dernière apparition à un sommet international majeur avant l’élection fédérale prévue pour le 19 octobre, a aussi fait la lumière sur la façon dont il en était venu à voir le système multilatéral.

M. Harper a dit que le monde était rempli d’espoir dans les années 1990 lorsque la Russie avait été admise dans ce qui était alors le «G7-plus-un», croyant que son contact avec les autres membres l’aiderait à grandir démocratiquement et économiquement — et qu’elle adopterait ainsi les valeurs du G7.

À la place, M. Harper a dit que M. Poutine avait brisé les espoirs des Russes, qui désirent le changement, pendant qu’il avait concentré le pouvoir dans les mains de quelques oligarques fort riches.

«Le G7 n’est pas les Nations unies. Le G7 n’est pas non plus le G20 — le G7 est un groupe de pays qui partagent des valeurs fondamentales et des objectifs pour le monde», a dit M. Harper.

«Nous partageons aussi des valeurs similaires — un engagement féroce, profond et progressif envers la démocratie, la liberté, les droits humains et la règle de droit — et bien sûr, nous avons des intérêts de sécurité communs. Nous sommes tous engagés à la sécurité collective des autres».

M. Poutine ne correspond à aucune de ces définitions — aucune d’entre elles.»

Sous Poutine, a dit M. Harper, la Russie a connu «une érosion constante et indéniable de chaque norme de vie démocratique et de droits humains sous sa férule».

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