MONTRÉAL – Énergie Valero et Suncor ont décidé d’écrire à l’Office national de l’énergie (ONÉ) parce qu’elles voudraient savoir quand l’organisme fédéral tranchera dans le dossier de l’inversion du flux de l’oléoduc de la Ligne 9B d’Enbridge.

Dans des missives distinctes envoyées la semaine dernière, les deux sociétés — qui exploitent des installations au Québec — demandent chacune une rencontre avec le président de l’Office, Peter Watson.

«On se demande ce qui se passe, a expliqué en entrevue la directrice principale aux affaires publiques chez Valero, Julie Cusson. C’est la première fois que nous intervenons de la sorte. Il y a une certaine impatience. Est-ce qu’on devrait s’attendre à des délais supplémentaires? Si c’est le cas, est-ce que l’on parle de quelques semaines, de quelques mois?»

Pour le moment, Valero ainsi que Suncor n’ont pas reçu de réponse de la part de l’Office.

Enbridge (TSX:ENB) prévoyait être en mesure d’aller de l’avant avec l’inversion de la Ligne 9B d’ici la fin du mois, mais l’entreprise albertaine a récemment indiqué qu’il n’y avait plus d’échéancier précis pour le moment.

De son côté, une porte-parole de l’Office a fait savoir à La Presse Canadienne qu’elle ne voulait pas spéculer quant au moment où une décision serait prise.

Si elles affirment ne pas remettre en question le processus d’évaluation de l’ONÉ, Valero et Suncor (TSX:SU) rappellent en revanche que les délais se traduisent par une augmentation de leurs coûts.

«Sans échéancier quant au temps que l’Office pourrait prendre (pour rendre sa décision), nous croyons important de vous rappeler les (…) impacts négatifs sur nos activités», écrit le vice-président directeur, raffinage et commercialisation de Suncor, Kris Smith.

Une porte-parole de l’entreprise, Sneh Seetal, a ajouté que l’inversion de la canalisation 9B était nécessaire afin d’assurer la compétitivité de la raffinerie qu’exploite la société albertaine à Montréal-Est.

Dans sa missive, Valero a pour sa part rappelé avoir procédé à des investissements de 200 millions $ à son terminal de Montréal-Est ainsi qu’à sa raffinerie Jean-Gaulin située à Lévis.

«Outre les investissements déjà effectués, (Valero) a embauché des employés et a conclu des ententes à long terme avec des tierces parties, (…) ce qui s’est traduit par d’importantes dépenses mensuelles», écrit le président des activités canadiennes de Valero, Ross Bayus.

Valero a également allongé 100 millions $ dans le cadre d’une coentreprise pour acquérir deux navires pour faire la navette entre la métropole et sa raffinerie, ce qui, pour le moment, laisse 100 nouveaux emplois en suspens.

«Ces 100 emplois ne comprennent pas les nouveaux postes créés au terminal de Montréal et à la raffinerie, a également rappelé la porte-parole de Valero. Il s’agit d’emplois reliés exclusivement au transport, comme des marins et du personnel technique.»

La Ligne 9B prévoit transporter entre 240 000 et 300 000 barils de pétrole par jour vers les raffineries du Québec et de l’Ontario en provenance des sables bitumineux de l’Alberta.

Exploité depuis près de 40 ans, le tronçon de 639 kilomètres avait à l’origine transporté du pétrole de Sarnia, en Ontario, vers Montréal, avant d’être inversé à la fin des années 1990 pour répondre à la demande du marché.

La canalisation traverse également des centaines de cours d’eau avant d’aboutir à Montréal-Est, ce qui inquiète plusieurs groupes écologistes et des communautés locales. Ces intervenants craignent des risques de fuite, ce qui pourrait, à leur avis, contaminer les cours d’eau ainsi que les nappes phréatiques.

Plusieurs municipalités — comme Laval et Terrebonne — exigent également des essais hydrostatiques, qui consistent à remplir et pressuriser l’oléoduc avec de l’eau, afin de détecter des anomalies, comme des fuites.

Jusqu’ici, l’ONÉ n’a pas voulu dire s’il allait imposer ou non ce type de test visant à assurer la sécurité des pipelines.

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