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Si la SAQ avait un peu de concurrence, les Québécois auraient accès à des produits moins chers, plus diversifiés et de meilleure qualité.

C’est ce qui ressort d’une étude publiée mercredi par Frédéric Laurin, auteur du livre Où sont les vins? et professeur en économie à l’Université du Québec à Trois-Rivières. L’étude, intitulée L’impact sur les finances du gouvernement du Québec d’une libéralisation partielle de la distribution des vins et alcools au Québec, affirme que le monopole de la Société des alcools du Québec (SAQ) lèse les amateurs de vin québécois.

Ce monopole est hérité de l’époque de restriction du début du XXe siècle. À l’heure actuelle, le gouvernement empoche annuellement 867 M$ grâce à la SAQ. Cette dernière vend ses produits environ 2,5 fois plus cher que le prix qu’il lui en coûte auprès du producteur. «Les coûts de production de la SAQ sont très élevés, ce qui fait augmenter le prix», explique M. Laurin.

Le professeur croit qu’une certaine concurrence servirait le marché ainsi que les consommateurs. Cette concurrence pourrait prendre la forme d’un nouveau permis d’alcool pour de petites boutiques de vins (cavistes). Celles-ci seraient autorisées à importer, à distribuer et à vendre de l’alcool. Ce réseau permettrait d’offrir une plus grande diversité de produits et, surtout, entraînerait une baisse des prix. «La concurrence entraînerait une baisse des prix et probablement que ces petites boutiques se spécialiseraient dans des vins plus typiques auprès de petits producteurs», indique le professeur.

Frédéric Laurin évalue qu’avec sa proposition, les recettes annuelles du gouvernement versées par la SAQ diminueraient pour atteindre un total variant de 410 M$ à 761 M$. Ce monopole est d’autant plus injustifié qu’il défavorise l’essor et la vente de produits  québécois, croit-il. D’une part, plusieurs producteurs ne distribuent pas leurs produits à travers la SAQ en raison des procédures laborieuses et coûteuses. D’autre part, la SAQ applique indifféremment la même marge sur tous ses produits. Les produits québécois s’en trouvent désavantagés par rapport à ceux des grands pays producteurs dans la mesure où ils coûtent plus cher à fabriquer, car leur production est plus réduite. «Les producteurs québécois sont très frustrés, car c’est un boulet à leur pied», explique-t-il.

Où va l’argent?
Frédéric Laurin prend l’exem-ple d’un petit Bordeaux vendu 15 $ à la SAQ pour illustrer le détail des coûts d’une bouteille de vin. Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas le transport qui fait grimper la facture. «Quand on commande des vins en grande palette, le coût de transport est de 50 à 30 ¢», dit-il.

  • Marge de la SAQ: 50 %
  • Produit: 36,7 %
  • Taxes: 13, 3 %

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