TORONTO — Thomas Mulcair a déclaré jeudi qu’un gouvernement néo-démocrate ferait une «priorité» de l’annulation des coupes des conservateurs dans les transferts aux provinces en santé — mais il semble que cette promesse ne sera pas en vigueur dès son arrivée au pouvoir.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) s’était déjà engagé à réinvestir les surplus budgétaires dans les transferts en santé et, ainsi, abroger le plan de Stephen Harper, qui prévoit envoyer 36 milliards $ en moins aux provinces dans les dix prochaines années.

Or, il se peut qu’il n’y ait pas de surplus cette année, a remarqué M. Mulcair lorsqu’il a été questionné sur le sujet, à Toronto.

Selon les données de la Banque du Canada présentées par le Bureau du directeur parlementaire du budget, le gouvernement fédéral devrait accuser un déficit de 1 milliard $ en 2015-2016, malgré le surplus prévu dans le budget de 2015.

Les coupes dans les transferts en santé ne devraient pas se faire sentir pour deux autres années, alors il reste encore du temps, a assuré le chef néo-démocrate. Toutefois, M. Mulcair semble avoir changé de ton sur le sujet et il a répété que son parti atteindrait l’équilibre budgétaire lors de sa première année au pouvoir, ce qui laisse entendre un changement dans son approche.

«Il est assez évident qu’il n’y en aura pas (de surplus), mais durant cette période de deux ans, notre ministre de la Santé devra se consacrer prioritairement à conclure de nouveaux accords sur la santé», a-t-il indiqué, flanqué de son candidat vedette Andrew Thomson, un ancien ministre des Finances en Saskatchewan qui se mesurera au ministre des Finances sortant, Joe Oliver, dans une circonscription de la région de Toronto.

Entretemps, les priorités d’un gouvernement néo-démocrate dans ce domaine seraient les soins à domicile et l’assurance-médicament, a-t-il ajouté.

M. Mulcair a martelé toute la semaine que le premier budget qu’il présenterait en tant que premier ministre serait équilibré et il estime que ses budgets subséquents le seront aussi. Mais il n’a jamais précisé où et comment il va trouver les surplus pour annuler les coupes du gouvernement Harper dans les transferts.

Dans un discours au local de campagne de son candidat, le chef néo-démocrate a souligné que M. Thomson avait davantage de budgets équilibrés à son actif que M. Oliver.

Les libéraux se sont dits sceptiques sur la possibilité que les néo-démocrates arrivent à l’équilibre budgétaire, mais M. Mulcair a affirmé qu’il «n’envisageait pas l’idée» d’un déficit. Le chef du NPD n’a toutefois pas parlé de réductions dans les dépenses gouvernementales.

La promesse phare du NPD, la création d’un système national de garderies à 15 $ par jour, coûterait à elle seule 5 milliards $ par année lorsque le programme sera implanté dans son intégralité, après huit ans.

Le parti a également annoncé plusieurs nouveaux crédits d’impôt et la diminution du taux d’imposition des petites entreprises.

M. Mulcair a indiqué qu’il utiliserait les revenus engendrés par l’annulation du fractionnement du revenu, une mesure du gouvernement Harper qui a coûté 2 milliards $. Il a aussi critiqué les conservateurs pour avoir dépensé l’argent des contribuables dans les publicités gouvernementales, le Sénat, les subventions aux entreprises du secteur pétrolier et les litiges devant les tribunaux contre les Premières Nations.

Le chef néo-démocrate s’est aussi engagé à augmenter le taux d’imposition des entreprises, fixé actuellement à 15 pour cent, mais il n’a pas précisé à quel niveau.

Le NPD n’a pas encore rendu public son cadre financier.

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