QUÉBEC — Les conservateurs ont recyclé une attaque contre les néo-démocrates, jeudi, après avoir constaté que leur décision de déclencher une campagne électorale estivale a empêché leur message de rejoindre la population en vacances.

Le ministre conservateur Denis Lebel, qui fait campagne au Québec, a choisi de revenir à la charge en accusant les néo-démocrates de détournement de fonds publics à des fins partisanes.

Selon M. Lebel, les électeurs sont plus attentifs aux messages des partis politiques fédéraux depuis le retour des vacances, après la Fête du travail.

Alors que les néo-démocrates ont dévoilé mercredi leur cadre financier, M. Lebel a affirmé que le moment était opportun pour rappeler que le Bureau de régie interne du Parlement a ordonné à 68 députés et anciens députés néo-démocrates de rembourser 2,75 millions $ pour avoir utilisé des fonds parlementaires à des fins partisanes dans des bureaux régionaux.

«On a créé un bureau en Saskatchewan avec de l’argent qui était mis en commun par les députés du NPD, a-t-il dit lors d’une conférence de presse. Ils n’ont pas un bureau en Saskatchewan, le plus proche est à cinq heures à Edmonton et ils viennent nous dire que c’est pour faire du travail de comté. Ils ont menti là-dessus.»

En août dernier, le candidat conservateur de Louis-Saint-Laurent, Gérard Deltell, avait utilisé cette attaque pour contrer les effets du procès contre le sénateur conservateur Mike Duffy, accusé de fraude.

M. Lebel, qui était entouré des candidats de la région de Québec, jeudi, a constaté que l’attention de l’électorat avait été détournée par les vacances estivales.

«Quand les gens sont en vacances, à la pêche, qu’ils sont au terrain de golf, ou sur leur vélo, ils n’écoutent pas beaucoup ce qui se dit, a-t-il affirmé. (…) Tout le monde a dit qu’au retour de la Fête du travail, ça va être vraiment le début de la vraie campagne. Aujourd’hui on veut répéter le message.»

Jeudi, M. Lebel a affirmé que les conservateurs ont bien fait, malgré tout, de déclencher plus tôt que prévu la campagne électorale, la plus longue depuis 1872.

«Je pense que dans les derniers jours, on sent vraiment les gens s’intéresser plus à ce qui se dit, ce qui se passe alentour de la campagne, et aujourd’hui on voulait rappeler aux gens que les députés du NPD de l’époque ont pris de l’argent dans leur bureau de comté pour le transférer pour faire de la partisanerie», a-t-il dit.

Le ministre conservateur a comparé cette situation, que les néo-démocrates contestent en Cour d’appel, au scandale des commandites du gouvernement libéral, dans les années 1990.

«On parle d’un stratagème où on a pris de l’argent dans les poches de la population via les bureaux de comtés pour faire du travail partisan et c’est pas mal similaire», a-t-il dit.

Alors que le candidat conservateur en Beauce Maxime Bernier fait campagne avec une publicité radio ne faisant aucune mention de son affiliation politique, M. Lebel a déclaré qu’il ne faut pas en conclure que l’image du chef Stephen Harper est un obstacle dans la région.

«Je ne vois aucune contradiction entre le fait que Maxime fasse une campagne plus locale et que nous on continue de travailler fort pour les conservateurs partout au Québec», a-t-il dit.

Selon M. Lebel, M. Bernier a pris les moyens pour être réélu, un objectif partagé par tous les conservateurs.

«Je souhaite que Maxime soit réélu dans son comté de Beauce, il prend les moyens pour le faire, a-t-il dit. (…) Il a ajouté une couleur locale. Maxime l’a répété dans les radios, dans les médias, qu’il est fier conservateur, qu’il est fier de ce qu’on fait comme travail et du parti. Il s’est donné une couleur plus locale, à lui.»

Par ailleurs, M. Lebel a pris ses distances des propos d’un candidat dans la région de Québec, Pierre Paul-Hus, qui a constaté que des électeurs ont peur des migrants.

«Je ne sens pas la peur des gens, je sens vraiment une préoccupation, a-t-il dit. Peut-être que de mes confrères ont vu ça autrement.»

Selon le ministre, les gens qu’il rencontre sont cependant préoccupés par la nécessité de maintenir des contrôles de sécurité adéquats avant d’admettre des réfugiés au Canada.

Après la conférence de presse, M. Paul-Hus, candidat dans Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, a affirmé également que les électeurs qu’il rencontre, toutes allégeances confondues, partagent cette préoccupation.

«Les gens ont une crainte, peur, appelez-le comme vous le voulez, a-t-il dit. C’est les citoyens, ce n’est pas moi qui invente le terme.»

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