OTTAWA — Stephen Harper avertit l’industrie automobile: elle n’aimera probablement pas le résultat des négociations du Partenariat transpacifique (PTP).

Cet accord de libre-échange est en train d’être négocié alors que le Canada est en pleine campagne électorale. Au cours d’un débat opposant M. Harper à ses rivaux libéral et néo-démocrate, jeudi soir à Calgary, le premier ministre sortant a livré ses réflexions sur l’état de ces négociations.

«Nous en sommes aux dernières étapes de la négociation», a-t-il dit en réponse à une question de l’animateur du débat.

«Pour ce qui est du secteur automobile, je ne suggère pas qu’ils vont nécessairement tout aimer là-dedans, mais ce que je dis, c’est que nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre, en tant que pays, d’avoir un secteur automobile mis à l’écart de la chaîne d’approvisionnement. Ce serait un désastre», a affirmé M. Harper.

Après le débat, Thomas Mulcair n’a pas retenu ses critiques.

«Il veut mettre en péril 80 000 bons emplois dans le secteur de la fabrication des pièces automobiles. C’est un non-sens», a lancé le chef néo-démocrate lors du point de presse qui a suivi le débat.

Puis, il a rappelé la partie de ces négociations qui préoccupe un autre secteur de l’économie canadienne, particulièrement présent au Québec.

«On a des familles qui sont propriétaires de fermes laitières, avicoles, à travers le Canada qui sont très préoccupées par (le) refus (de M. Harper) d’appuyer sans condition notre système de gestion de l’offre», a ajouté M. Mulcair.

«Je pense que M. Harper devrait être prudent en négociant dans le dernier droit de cette entente transpacifique», a-t-il averti.

Justin Trudeau y a aussi mis son grain de sel.

«M. Harper démontre encore le genre d’opacité et de non-transparence en matière de négociations internationales. On est très inquiet», a déclaré le chef libéral.

Les négociations entourant le PTP s’étirent depuis plusieurs années. En juillet, elles semblaient tout près d’aboutir.

L’objectif visé: une zone de libre-échange regroupant 12 pays, incluant le Canada, les États-Unis, l’Australie et le Japon, mais pas la Chine. Si le PTP était conclu, ce serait le plus important accord de libre-échange à ce jour, dans une zone regroupant 800 millions de personnes et 40 pour cent de l’économie mondiale.

Les exportateurs canadiens seraient les grands gagnants d’une telle entente. Mais certains craignent d’écoper avec la venue massive de produits bon marché provenant d’Asie. Les agriculteurs craignent que le système de gestion de l’offre qui prévaut au Canada soit sacrifié sur l’autel du PTP.

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