Quelques jours après les audiences de la commission parlementaire du projet de loi 54 sur le statut légal des animaux, la SPCA demande l’appui du public afin de faire inclure l’enchaînement de chiens dans le projet de loi présenté par le ministre de l’Agriculture Pierre Paradis.

«On entend souvent parler des usines à chiots, mais peu des chiens enchaînés alors que c’est un aussi gros problème, indique l’avocate et coordonnatrice de campagne au département de défense des animaux de la SPCA à Montréal, Sophie Gaillard. C’est très répandu, environ un tiers des plaintes qu’on reçoit concerne les chiens enchaînés.» On comprend par enchaînement, les chiens qui demeurent attachés en permanence et le plus souvent, à l’extérieur, même l’hiver. «À moins qu’il y ait d’autres problèmes, nos inspecteurs ne peuvent pas faire grand-chose [dans une situation d’enchaînement], parce que c’est légal», souligne Mme Gaillard.

Des membres de la SPCA étaient donc devant la station de métro Mont-Royal samedi afin de faire signer des lettres qui somment le ministre Pierre Paradis d’amender le projet de loi 54, pour que celui-ci interdise l’enchaînement des chiens au Québec. «Plusieurs démarches ont été faites à ce sujet auprès de ministres avant M. Paradis, mais nous ne sommes jamais vraiment arrivés à percer, rappelle Sophie Gaillard. On considère que nous avons besoin d’un gros appui citoyen pour ce sujet précis.»

Jusqu’à présent l’organisme a déjà envoyé plus de 10 000 lettres de citoyens au ministre Pierre Parais à propos de l’enchaînement de chiens.

S’il peut sembler saugrenu de vouloir maintenir légale la permission de garder un chien attaché 24 heures par jour, l’avocate soutient qu’il y a de l’opposition. «Par exemple, les associations de chiens de traîneaux ont historiquement été très opposées à tout encadrement légal de l’enchaînement, indique-t-elle. Ça risque d’affecter cette industrie.»

La SPCA a pu présenter ses arguments sur l’enchaînement au ministre, en commission parlementaire la semaine dernière. Toutefois, la société a beaucoup d’autres demandes d’amendement pour le projet de loi 54. «Le nombre d’espèces couvertes n’est pas assez large, plaide Sophie Gaillard. Les petits reptiles et perruches ainsi que les gros animaux exotiques ou de la faune comme on retrouve dans les zoos ne sont pas inclus.» Le fait que l’industrie agroalimentaire bénéficie d’une exemption générale à la loi est aussi problématique pour la SPCA. «Il y a aussi le système de permis, puisqu’il n’y a pas d’inspection qui se fait avant de [le] donner à quelqu’un», poursuit la coordonnatrice.

Le projet de loi 54, qui reconnaît l’animal comme n’étant plus un objet au sens légal, inclut également des dispositions pénales sur le traitement et le bien-être des animaux.

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