Adrian Wyld / La Presse canadienne Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau

BRAMPTON, Ont. — Dans un effort pour améliorer les relations avec le Mexique, le chef libéral Justin Trudeau a promis, vendredi, de supprimer l’obligation pour les citoyens mexicains d’obtenir un visa pour entrer au Canada.

Cette mesure est un sujet sensible pour les deux pays depuis qu’elle a été adoptée par le gouvernement conservateur en 2009 après une forte augmentation du nombre de demandeurs d’asile mexicains en sol canadien.

À l’époque, les conservateurs avaient fait valoir que plusieurs de ces demandes n’étaient pas légitimes. L’ambassadeur du Mexique au Canada avait déclaré en 2013 que son pays était «furieux» parce qu’Ottawa avait compliqué les choses pour les touristes et les gens d’affaires mexicains désirant voyager dans le nord du continent.

M. Trudeau a reproché au leader conservateur Stephen Harper d’avoir plombé les relations du Canada avec le Mexique au cours de la dernière décennie et juré «d’agir correctement à l’égard de notre voisin continental».

Selon lui, étant donné que le Canada et le Mexique sont tous les deux membres de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), leurs citoyens devraient pouvoir se déplacer sans obstacle.

Justin Trudeau a rejeté l’argument des conservateurs selon lequel le Mexique ne serait pas une source de demandeurs d’asile légitimes.

«Nous devons nous assurer que le Canada accepte les réfugiés provenant de partout à travers le monde et fuyant toutes sortes de persécutions», a-t-il soutenu.

Le chef libéral a ajouté que les demandes d’asile devaient être traitées dans un délai raisonnable et de manière suffisamment rapide, mais qu’il existait d’autres moyens pour y parvenir que d’exiger un visa pour les Mexicains, une mesure qu’il a jugée nuisible pour le tourisme, les relations avec le Mexique et le développement du Canada au sein de l’ALÉNA.

Avant 2009, le Mexique était l’une des principales sources de personnes demandant l’asile au Canada.

Environ 8000 personnes ont été dirigées vers la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada en 2008 et plus de 13 000 dossiers étaient en attente de traitement à l’époque.

Durant les premiers mois de 2009, près de 5000 personnes entrées au Canada en provenance du Mexique ont demandé l’asile, ce qui a poussé le gouvernement conservateur à rendre obligatoire l’obtention d’un visa pour les Mexicains souhaitant se rendre en territoire canadien.

L’ambassade du Mexique à Ottawa avait révélé en 2009 qu’à peine 11 pour cent des demandes d’asile déposées par des Mexicains avaient été approuvées, un fait que les autorités canadiennes considéraient comme la preuve que ceux qui fuyaient le Mexique le faisaient pour des raisons économiques et non parce que leur vie était en danger.

En février 2013, le Canada avait imposé un obstacle additionnel aux demandeurs d’asile mexicains en plaçant le Mexique sur la liste des pays d’origine désignés. D’après le site Web de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié, il s’agit de «pays qui ne produisent habituellement pas de réfugiés, qui respectent les droits de la personne et offrent la protection de l’État».

La violence liée au trafic de drogue est toutefois un grave problème au Mexique et l’organisme Human Rights Watch a rapporté que le gouvernement mexicain avait admis en 2014 que plus de 22 000 personnes avaient été portées disparues depuis 2006 en raison de la guerre que se livrent les narcotrafiquants.

Vendredi, M. Trudeau a aussi répété la promesse de son parti d’annuler les dispositions du projet de loi C-24 donnant au gouvernement le pouvoir de dépouiller de leur citoyenneté canadienne les gens ayant une double nationalité et juré de simplifier le processus de réunification pour les familles immigrantes.

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