QUÉBEC — Le niqab continue de hanter le chef néo-démocrate Thomas Mulcair: il a esquivé la question, vendredi, après avoir rencontré un des opposants les plus connus au port de ce voile musulman, le maire de Québec, Régis Labeaume.

M. Mulcair faisait campagne à Québec en ce lendemain de débat télévisé en français où l’enjeu du port de ce symbole vestimentaire féminin à la cérémonie de citoyenneté a mis le feu aux poudres. Le chef bloquiste Gilles Duceppe l’a vertement critiqué pour sa position, favorable au droit des femmes de porter le niqab aux cérémonies.

Or vendredi après-midi le chef néo-démocrate a eu un entretien avec Régis Labeaume, qui s’est exprimé publiquement sur le niqab récemment. Dans sa page Facebook, le maire a affirmé être «contre le port du niqab», en ajoutant qu’«aucun motif religieux ne devrait servir de prétexte pour justifier une pratique qui infériorise la femme».

«Aussi, d’un strict point de vue d’identification à des fins juridiques et administratives, il est essentiel, tant pour les femmes, les hommes et les enfants, de se présenter à visage découvert devant les autorités concernées», a-t-il écrit.

Après son tête-à-tête qui a duré un peu plus de 30 minutes à l’hôtel de ville, M. Mulcair s’est brièvement adressé aux journalistes, en marchant vers sa minifourgonnette, mais il a complètement ignoré les quelques questions sur le niqab.

Il s’est contenté de dire qu’il avait eu «beaucoup de discussions sur les dossiers importants pour la Ville de Québec», en précisant notamment qu’il avait été question du Port de Québec, un organisme fédéral dont les projets d’expansion et le bilan environnemental suscitent parfois la controverse. Pour sa part, M. Labeaume ne s’est pas prêté aux questions de la presse.

Même au congrès de la Fédération québécoise des municipalités (FQM) qui se tient actuellement dans la Vieille-Capitale, l’enjeu du niqab a poursuivi M. Mulcair. En effet, il partageait la tribune avec Gilles Duceppe, qui a livré un discours juste après lui.

Et alors qu’il est habituellement question d’infrastructures, de fiscalité et d’engagements financiers à ces congrès, le chef bloquiste en a profité pour bifurquer encore une fois vers le niqab. Il a ciblé M. Mulcair qui soutient que ce problème est une «arme de distraction massive» maniée par le chef conservateur Stephen Harper.

«Ce n’est pas une distraction de parler d’égalité fondamentale entre hommes et femmes», a martelé M. Duceppe, en rappelant que le Québec est unanime dans ce débat, autant l’Assemblée nationale, les maires de Montréal, de Québec et de Saguenay.

Toutefois, malgré l’unanimité que semble susciter l’enjeu au Québec, M. Mulcair a répété en matinée qu’il maintenait sa position. Des journalistes lui ont demandé s’il allait regretter de ne pas s’être rallié à la majorité, s’il n’est pas élu premier ministre.

«J’ai pris des positions dans ma vie qui n’ont pas été immédiatement appréciées, et je suis prêt à vivre avec ça», a-t-il dit dans une conférence de presse à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, près de Québec.

«Je respecte aussi les opinions des autres, mais je vais continuer de soutenir que nous vivons dans une société où nous avons des droits individuels. Soit vous croyez en ces droits, comme c’est le cas pour moi, soit vous tentez de les contourner», a-t-il ajouté.

Il a cependant reconnu qu’il s’agissait d’un sujet sensible et émotif pour certaines personnes.

La question du port du voile est revenue récemment dans l’actualité en raison d’une décision de la Cour d’appel fédérale, qui a confirmé un jugement antérieur permettant à une femme de prêter son serment de citoyenneté en gardant son niqab.

Par ailleurs, le NPD a annoncé un autre engagement vendredi. Un gouvernement néo-démocrate investirait 105 millions $ en trois ans pour l’industrie forestière.

Cette enveloppe, pour la recherche, le développement et la promotion des produits de cette industrie, permettrait de créer 2500 emplois, d’après le chef du NPD.

Les néo-démocrates croient aussi que pareil investissement contribuerait à diminuer les émissions de gaz à effet de serre en permettant le développement de nouveaux produits et de nouveaux biomatériaux en bois.

M. Mulcair s’est également engagé à réécrire complètement l’entente canado-américaine sur le bois d’oeuvre, qui vient à échéance en octobre.

Selon M. Mulcair, cette entente était une «erreur monumentale» qui a «saccagé» l’industrie.

L’entente sur le bois d’oeuvre a été conclue en 2006, prolongée pour deux ans en 2012. Elle vient à échéance dans quelques jours, soit le 12 octobre.

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