MONTRÉAL — Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, se propose de déposer un projet de loi au parlement fédéral qui obligerait les entreprises de juridiction fédérale à se soumettre à la loi 101 et qui ne s’appliquerait qu’au Québec.

«C’est inacceptable qu’au Québec certains travailleurs soient privés de ce droit de travailler en français», a déclaré mardi le chef bloquiste, alors qu’il faisait campagne dans la circonscription de Rosemont–La Petite-Patrie, à Montréal.

M. Duceppe faisait ainsi référence aux quelque 200 000 travailleurs — employés des banques, des chemins de fer, de transport interprovincial et des entreprises de télécommunications — dont les employeurs échappent à l’application de la Charte de la langue française et, donc, à l’obligation de faire du français la langue de travail.

M. Duceppe a du même coup dénoncé l’approche de son rival néo-démocrate, Thomas Mulcair, qui propose, selon lui, un «code volontaire» sur le droit de travailler en français.

«C’est de la poudre aux yeux», a affirmé le chef bloquiste, n’y voyant rien de plus que le statu quo: «C’est la loi sur les langues officielles, c’est le bilinguisme intégral».

Il a donc demandé au chef du NPD de prouver qu’il est bien «le protecteur de la loi 101» qu’il prétend être en se rangeant derrière la position du Bloc sur cette question.

Le chef bloquiste n’a toutefois pas lancé la même invitation aux chefs conservateur et libéral, Stephen Harper et Justin Trudeau.

Gilles Duceppe n’a cependant eu d’autre choix que de reconnaître que ce qu’il propose n’offrirait aucune protection au fait français en dehors du Québec.

«Les francophones hors Québec, ce qu’ils veulent, c’est le droit de pouvoir travailler en français. Or, ça c’est la loi sur les langues officielles et elle devrait être appliquée. Malheureusement, c’est loin d’être le cas», a-t-il dit.

Gestion de l’offre: inquiétude

Par ailleurs, M. Duceppe n’a pas caché son inquiétude quant aux négociations de libre-échange du Partenariat transpacifique, surtout à la lumière des informations voulant que l’on exige du Canada qu’il ouvre 10 pour cent de son marché de produits laitiers aux producteurs étrangers.

«Je pense que c’est très inquiétant. J’ai vu M. (Denis) Lebel hier (lundi) répondre qu’il ne voulait pas faire de promesse électorale qu’il ne pourrait tenir», a-t-il dit.

Il a rappelé qu’aucun des autres chefs n’avait voulu s’engager, comme il le leur avait demandé lors du débat en français, à refuser de signer l’accord de Partenariat transpacifique si la gestion de l’offre n’était pas maintenue intégralement.

«L’accord Transpacifique, c’est vraiment un coup qui pourrait s’avérer mortel à la gestion de l’offre, une partie excessivement importante de l’agriculture québécoise», a affirmé le chef du Bloc.

La gestion de l’offre vise à équilibrer la production locale et la demande du marché en imposant des quotas et des prix fixes dans les secteurs de la production laitière, de la volaille et des oeufs.

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