Chris Young Hubert Lacroix. Chris Young / La Presse Canadienne

WINNIPEG — Le président et directeur général de Radio-Canada a répondu, mardi, au chef conservateur Stephen Harper, qui avait déclaré la veille que le diffuseur public avait des difficultés financières en raison de ses faibles cotes d’écoute.

Après l’assemblée publique annuelle de CBC/Radio-Canada, qui se tenait à Winnipeg, Hubert Lacroix a assuré que le diffuseur avait de bonnes cotes d’écoute, mais que l’institution était minée par un modèle financier malade. «Nos problèmes ne sont pas causés par un manque d’auditoire. Ils relèvent d’un mode de financement dépassé qui ne fonctionne pas. Ce financement reposait sur des revenus publicitaires compensant la chute des crédits parlementaires. Dans l’environnement (médiatique) actuel, cela ne fonctionne plus.»

En 2012, le gouvernement fédéral avait réduit de 115 millions $ sur une période de trois ans le financement de Radio-Canada. L’an dernier, le diffuseur public a essuyé des pertes de revenus de 130 $ millions — en grande partie à cause de la perte des droits de diffusions des matches de la LNH — et a dû abolir 657 emplois.

M. Lacroix a ajouté que le Canada devait se tourner vers les pays européens pour s’inspirer de leurs modèles de financement. Il a expliqué que le diffuseur public en Allemagne est financé notamment par des frais chargés à chaque ménage, alors que le gouvernement français perçoit des revenus des fournisseurs d’accès Internet.

«Les gens n’achètent plus de postes de télévision. On doit discuter de ce qui pourrait être le meilleur modèle de financement pour nous. Nous ne pouvons continuer de fonctionner dans cet environnement», a-t-il souligné.

Sur les ondes d’une radio privée de Québec, M. Harper a clamé que les difficultés budgétaires de Radio-Canada étaient causées par la «perte des téléspectateurs» et non pas «par les coupures de notre gouvernement». «Il n’y a pas de coupures», a-t-il enchaîné.

Il a ajouté qu’il y avait une limite aux subventions qu’un État pouvait accorder.

M. Lacroix n’a pas voulu commenter lorsqu’on lui a demandé si les commentaires de M. Harper étaient justes.

«Mais je vais vous dire que ce n’est pas en raison de nos cotes d’écoute que nous vivons des problèmes à CBC-Radio-Canada», a-t-il tonné.

Selon la présidente de la Guilde canadienne des médias, Carmel Smyth, M. Lacroix n’a pas assez souligné comment les élections du 19 octobre seront décisives pour l’avenir de Radio-Canada. «Au cours des 80 dernières années, le gouvernement a financé Radio-Canada. Il lui a confié un mandat auquel il doit se conformer. Entendre M. Harper dire soudainement que les problèmes de Radio-Canada ne sont pas la conséquence des coupes budgétaires est renversant.»

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