Archives Métro Le maire de Montréal, Denis Coderre

MONTRÉAL – Ottawa a confirmé, vendredi, la signature d’un arrêté ministériel empêchant le déversement prévu d’eaux usées à Montréal jusqu’en novembre, ce qui a fait dire au maire de Montréal, Denis Coderre, qu’il fallait «changer de gouvernement» à Ottawa.

La ministre fédérale de l’Environnement, Leona Aglukkaq, a signé un arrêté provisoire empêchant la Ville de Montréal de rejeter ses eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent au moins jusqu’au 3 novembre.

Dans une lettre datée du 16 octobre, la ministre indique à la Ville de Montréal «de ne pas rejeter les eaux usées non traitées avant le 3 novembre 2015 afin de permettre un examen scientifique des documents et renseignements».

Se trouvant au Parc Émilie-Gamelin pour la Nuit des sans-abri, vendredi soir, M. Coderre a dit aux médias qu’il avait reçu l’arrêté provisoire. «Je comprends qu’après le 3 novembre, je pourrais le faire», a-t-il d’abord laissé tomber.

M. Coderre a dit ensuite déplorer une telle «intervention politique». «Le travail a été fait de longue haleine. Environnement Canada travaille bien avec Environnement Québec, et travaille également bien avec la Ville de Montréal. Mais il y a quelqu’un qui a décidé de faire de la politique avec ça. Je suis déçu mais pas surpris.»

«On va laisser les Montréalais voter, a-t-il poursuivi. Moi je vous dis, si on veut s’assurer qu’on puisse protéger le fleuve, si on veut s’assurer d’avoir des politiques d’environnement adéquates, il faut que le 19 octobre, les gens aillent voter, puis faut changer ce gouvernement. (…) Ce gouvernement-là ne protège pas les intérêts des Montréalais, ne protège pas notre environnement et ne protège pas les Québécois.»

Dans une lettre envoyée plus tôt vendredi à la ministre fédérale de l’Environnement, M. Coderre sollicitait le dénouement de la démarche du ministère avant le 23 octobre afin d’éviter de «retarder davantage» la réalisation des travaux. Le maire avait alors réitéré qu’un report du déversement à l’année suivante pourrait avoir des impacts négatifs importants «qui ne seraient ni dans l’intérêt public ni dans l’intérêt de l’environnement».

M. Coderre s’était dit d’avis que le recours à un arrêté ministériel en vertu de de la Loi sur les pêches était «inapproprié» et «abusif», faisant valoir l’existence d’un cadre réglementaire prévu pour les dérivations temporaires d’eaux usées.

Le maire avait alors exhorté à une résolution de l’impasse avec Ottawa sur le déversement d’eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent d’ici une semaine, et estimait ce délai tout à fait possible malgré la tenue des élections fédérales, lundi.

M. Coderre disait à ce moment que les spécialistes de la Ville étaient prêts à procéder à ces travaux, jugés essentiels, et souhaitaient «ardemment» le soutien et la collaboration de l’équipe d’Environnement Canada.

Dans sa lettre à la ministre Aglukkaq, M. Coderre conteste l’interprétation des lois fédérales en vertu de laquelle le gouvernement a décidé de suspendre le déversement de huit milliards de litres d’eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent qui devait débuter en fin de semaine.

Montréal avait l’intention de rejeter ses eaux usées dans le fleuve du 18 au 25 octobre, dans le cadre d’un plan pour déplacer une chute à neige située sous l’autoroute Bonaventure.

Ottawa a indiqué plus tôt cette semaine qu’il nommerait un expert qui serait responsable d’étudier «toutes les informations liées à ce projet», puisque le fédéral ne saurait pas pour l’instant si les substances déversées dans le fleuve «ont un degré de toxicité aigu».

Malgré la tenue du scrutin fédéral, lundi, M. Coderre estimait que le travail accompli par des fonctionnaires pouvait être complété dans un délai convenable.

Des documents montrent que le ministère fédéral de l’Environnement est au courant du projet de la Ville depuis septembre 2014.

M. Coderre a estimé que l’arrêté ministériel était «déraisonnable» dans les circonstances.

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