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QUÉBEC – L’ex-ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, devient consultant pour la firme de relations publiques Hill + Knowlton, mais assure qu’il n’exercera aucune activité de lobbyisme auprès du gouvernement.

Sceptiques, les partis de l’opposition disent ressentir un malaise et revendiquent un resserrement des règles d’éthique pour les anciens parlementaires.

Tout en assumant ses nouvelles fonctions, le docteur Bolduc va continuer à pratiquer la médecine à temps complet. Il n’entend se départir d’aucun de ses patients, a-t-il insisté au cours d’une entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne, mercredi.

Pour le compte de Hill + Knowlton, une des plus importantes firmes de lobbyisme au pays, il effectuera des mandats sporadiques, qui pourraient l’occuper quelques heures par semaine, en marge de sa pratique médicale.

M. Bolduc, qui a aussi été ministre de la Santé, de 2008 à 2012, a quitté ses fonctions de député et ministre de l’Éducation en février dernier, victime d’une controverse sur les fouilles à nu d’élèves soupçonnés de faire du trafic de drogue.

Son retrait pourrait bien être temporaire, car M. Bolduc s’ennuie de la politique. «J’ai adoré mon passage en politique», commente celui qui n’a «jamais exclu la possibilité de revenir».

«J’ai assez aimé ça. La politique, c’est tellement important pour améliorer les choses au Québec», selon M. Bolduc, qui ne se dit cependant pas encore prêt à effectuer son grand retour.

Il assure que la firme de consultants ne lui a pas demandé de chercher à influencer le gouvernement ou à orienter ses décisions au profit des clients de l’entreprise.

Selon la loi sur les activités de lobbyisme, un ancien ministre doit s’abstenir d’exercer une quelconque activité de lobbyisme pendant au moins deux ans après avoir quitté ses fonctions.

M. Bolduc dit qu’il s’engage à respecter la loi et les règles du code d’éthique destiné aux anciens parlementaires.

Contrairement à tous les membres de l’équipe d’affaires publiques de Hill + Knowlton en poste à Québec, M. Bolduc ne s’inscrira donc pas au registre des lobbyistes.

Son rôle en sera plutôt un de conseiller stratégique des clients de la firme. Hill + Knowlton l’a recruté essentiellement pour son «expérience comme gestionnaire» et son «expérience comme politicien», résume-t-il.

Il va donc aider les clients «à avoir de meilleurs dossiers, à faire avancer leurs dossiers», par une meilleure approche.

«Il peut y avoir des gens qui veulent nous rencontrer pour discuter de notre expérience politique, ou de la façon dont fonctionne le système au Québec. C’est surtout du conseil stratégique», explique le docteur Bolduc.

Il ajoute qu’un client, par exemple, pourrait vouloir connaître sa «vision du futur système de santé».

Mais «c’est dans mon entente, aucune activité de lobby» auprès du gouvernement, assure l’ex-ministre.

Sur les questions de santé, le délai de deux ans étant passé, M. Bolduc pourrait, en principe, jouer un rôle plus directement relié à ses anciennes fonctions. Mais il ne pourrait pas conseiller une entreprise avec laquelle il avait des contacts quand il dirigeait la santé.

Le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) sont d’avis que cette nomination crée «un malaise» et qu’elle doit inspirer les parlementaires appelés prochainement à réformer le code d’éthique des élus, «et corriger ses lacunes», a commenté le député caquiste Benoit Charette.

Le député péquiste et leader parlementaire Bernard Drainville croit même que les élus doivent trouver le moyen «d’empêcher» M. Bolduc de mener à bien son travail de consultant, en s’appuyant si possible sur la loi ou le code d’éthique.

Mais selon lui, même s’il est démontré que l’ex-ministre respecte la loi et le code, il lui apparaît évident que sur le plan éthique, son choix de devenir consultant est «très, très douteux».

«Moi, je ne prends pas la parole d’Yves Bolduc sur son engagement de ne pas faire du lobbying. Yves Bolduc a épuisé toutes les chances qu’il avait de nous montrer qu’il est digne de confiance», a-t-il commenté en entrevue téléphonique, en faisant référence aux généreuses primes versées à M. Bolduc dans le passé, même s’il pratiquait la médecine.

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