Mario-Beauregard/Métro

Huit associations de personnes aînées ont dénoncé jeudi la normalisation des frais accessoires en santé, la qualifiant de «taxe santé aînée».

Selon ces organisations, qui représentent en tout plus de 500 000 personnes, ces frais contribuent à l’appauvrissement des personnes âgées, qui sont parmi les plus susceptibles de recourir à des soins de santé. Certaines sont incapables de payer ou doivent «faire le choix entre l’épicerie et une coloscopie».

«Une personne est arrivée dans un centre médical parce qu’elle s’était déchiré un doigt. Ça coûtait 35 ou 45$ pour l’anesthésie. Elle n’avait pas l’argent pour payer, alors on l’a cousu à froid», a raconté Pierre-Paul Côté, président de l’Association des retraités de l’éducation et des autres services publics du Québec (AREQ).

«Le problème est plus global que les frais accessoires, a pour sa part estimé Donald Tremblay, président de l’Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP). L’appauvrissement des aînés est documenté. Plus les gens s’appauvrissent, plus ils sont malades, plus ils sont malades, plus ils s’appauvrissent. C’est une roue sans fin.»

Ils réclament que le ministre de la Santé Gaétan Barrette fasse marche arrière sur cette question. La facturation directe aux patients à un niveau plus élevé que les coûts réels de produits, médicaments et services médicalement nécessaires, parfois alors qu’ils sont couverts par la Régie de l’assurance maladie, est une pratique courante dans les cliniques médicales pour couvrir une partie de leurs frais de fonctionnement. Le projet de loi 20, adopté à en novembre dernier, indique que les frais désormais autorisés seront déterminés par un règlement qui sera déposé prochainement.

«Il est encore temps de changer les choses», a fait valoir Maurice Dupont, président du Réseau FADOQ.

Ces intervenants estiment que les frais accessoires contreviennent à la Loi canadienne sur la santé et remettent en question l’accessibilité aux soins. Ils demandent au gouvernement fédéral d’intervenir.

Plusieurs autres organismes tiennent le même discours, comme Médecins québécois pour le régime public et la Confédération des syndicats nationaux. L’Alliance des patients pour la santé, qui regroupe 25 associations de patients, a d’ailleurs envoyé un communiqué jeudi pour appuyer les revendications des organismes de défense des droits des aînés.

«N’oublions pas que c’est le parti Québécois qui, en 1979, a introduit la possibilité pour les médecins de charger des frais directement à leurs patients, dans la Loi sur l’assurance maladie. Les frais accessoires étaient donc déjà « normalisés »», a pour sa part réagi Joanne Beauvais, attachée de presse du ministre Barrette.

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