Archives/The Associated Press Le président français François Hollande en compagnie du premier ministre québécois Philippe Couillard

QUÉBEC – La relation privilégiée entre la France et le Québec a son prix.

La mission de cinq jours en France dirigée par le premier ministre Philippe Couillard, en mars dernier, a coûté plus de 127 000 $ aux contribuables québécois, selon les données obtenues par La Presse Canadienne.

D’une ampleur exceptionnelle, cette mission aura entraîné des coûts tout aussi exceptionnels.

Pour mener à bien ce périple effectué du 2 au 6 mars dans le cadre des visites alternées entre la France et le Québec, le premier ministre avait jugé nécessaire d’être accompagné de cinq ministres: Jacques Daoust (Économie), Christine St-Pierre (Relations internationales), Hélène David (Culture), David Heurtel (Développement durable) et Jean D’Amour (Délégué à la stratégie maritime). De plus, en parallèle, la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, menait une mission européenne au même moment, notamment à Paris elle aussi.

Les membres du gouvernement ne voyagent jamais seuls. En plus du premier ministre et des cinq ministres, la délégation québécoise comptait aussi 18 personnes, employés de cabinet et fonctionnaires. Sans compter les gardes du corps pour assurer la sécurité.

Sitôt connue, cette mission avait soulevé la controverse. L’opposition jugeait que le gouvernement Couillard s’adonnait à une folle dépense aux retombées hasardeuses, au moment même où il imposait d’importantes compressions budgétaires à l’appareil de l’État pour mieux contrôles ses dépenses. Et alors qu’il avait promis de réduire les déplacements à l’étranger «aux cas jugés essentiels».

Le premier ministre Couillard avait alors calmé le jeu en affirmant qu’une bonne part des frais reliés à ce séjour seraient assumés par la France. «C’est la partie qui reçoit qui paie les dépenses d’hébergement et de transport terrestre de la partie qui visite, de sorte que ces dépenses de la délégation québécoise sont prises en charge par la France», avait-il expliqué.

Or, la contribution française ne représente qu’une portion congrue des frais engagés. Pour l’essentiel, c’est le Québec qui a ramassé la facture, une coquette somme de 127 392 $, au bas mot.

Le Québec a dû assumer le coût du transport aérien de l’ensemble de la délégation. C’est aussi le Québec qui a dû prendre en charge diverses dépenses, notamment le transport terrestre, l’hébergement, les repas et la téléphonie cellulaire des employés de cabinet et des fonctionnaires, de même qu’une partie des dépenses des ministres.

À lui seul, le cabinet du premier ministre avait dépêché là-bas six personnes. Pour M. Couillard et sa suite, la facture du voyage de cinq jours atteint au total 57 612 $. Ce montant inclut, pour les six employés du cabinet du premier ministre, près de 20 000 $ en transport aérien (2849 $ par personne) et presque 20 000 $ supplémentaires pour cinq nuits d’hébergement (2753 $ par personne). Le périple a aussi occasionné des coûts, notamment pour le transport terrestre (2829 $), les repas (2390 $), les frais de téléphonie cellulaire et de connexion Internet (3959 $).

Ces chiffres ont été fournis par le Conseil exécutif, à la suite d’une demande d’accès à l’information. Pour obtenir l’ensemble des coûts engagés pour réaliser cette mission, il a été nécessaire de produire des demandes d’accès à tous les ministères impliqués. Aucune autorité gouvernementale n’a centralisé l’information.

Les fonds publics consacrés par le ministère des Relations internationales à ce bref voyage totalisent quant à eux 39 838 $. Cela englobe les frais encourus par la ministre St-Pierre (6285 $) et les six personnes qui l’accompagnaient: un employé de son cabinet (3325 $), un sous-ministre (5478 $) et quatre fonctionnaires (24 750 $).

À ces montants, il faut ajouter les coûts engendrés par la présence des quatre autres ministres et leur suite, une somme globale de 29 942 $, obtenue en additionnant les données contenues dans les documents produits. Il s’agit là d’un montant partiel car il a été impossible, malgré des demandes répétées, d’obtenir le montant de certaines dépenses, en raison d’une apparente confusion administrative entre le ministère des Relations internationales et les autres ministères, qui se renvoyaient la balle.

Curieusement, même s’ils participaient en même temps à la même mission, les frais encourus par les ministres varient beaucoup d’un à l’autre. Par exemple, l’histoire ne dit pas pourquoi le transport aérien entre le Québec et la France défrayé par le ministre Jacques Daoust (3561 $, en classe affaires) a coûté cinq fois plus cher que celui de la ministre Hélène David (753 $, en classe économique).

Le montant total de 127 392 $ n’inclut pas également les frais de l’équipe de sécurité, gardés confidentiels.

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