Le premier ministre Philippe Couillard a choisi de donner un vigoureux coup de barre à son gouvernement, en procédant jeudi à un remaniement majeur de son cabinet.

Malgré le diktat des compressions budgétaires et du régime-minceur imposé à l’État, M. Couillard a choisi de faire passer son équipe de 25 à 28 ministres.

En point de presse, il a dit vouloir donner “un nouvel élan” à son gouvernement.

Une nouvelle venue, ancienne présidente de la Coalition avenir Québec, Dominique Anglade, prend les rênes du ministère de l’Économie, tandis qu’un ministre expérimenté, Pierre Moreau, devient le troisième ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du gouvernement Couillard en 20 mois.

Indisposé, il était absent de la cérémonie d’assermentation. Ancienne présidente de Montréal International, Mme Anglade, une ingénieure de 41 ans qui n’est députée que depuis quelques mois, sera aussi responsable de la Science, de l’Innovation et sera chargée d’élaborer une stratégie numérique.

Elle est cependant la seule femme à faire partie des poids lourds du gouvernement, donc des ministres occupant un poste stratégique au sein du nouveau cabinet Couillard.

Les portefeuilles des Finances, de la Santé, de l’Éducation, de la Famille, du Trésor, des Transports et des Ressources naturelles demeurent tous entre des mains masculines.

M. Couillard a cependant fait un effort pour accroître la présence des femmes dans son cabinet, dont la proportion passe de 32 à 39 pour cent, demeurant toutefois encore loin de la parité. Le précédent cabinet était composé de 17 hommes et huit femmes, le nouveau, de 17 hommes et 11 femmes.

Celui qui était aux commandes de l’Économie, Jacques Daoust, passe aux Transports, chassant du coup le ministre Robert Poëti sur les banquettes arrières. Deux ministres redeviennent simples députés: M. Poëti, qui ne s’est pas présenté au parlement, et Jean-Denis Girard, qui était responsable des petites et moyennes entreprises.

C’est Lise Thériault qui prendra la relève à ce poste, de retour d’un congé de maladie de plusieurs mois, alors qu’elle était ministre de la Sécurité publique. Elle reste vice-première ministre et sera responsable de la Condition féminine.

François Blais passe de l’Éducation, où il était depuis seulement 11 mois, à l’Emploi et la Solidarité sociale, un ministère qu’il a dirigé dans le passé.

Sam Hamad quitte l’Emploi pour le Conseil du trésor, alors que Martin Coiteux quitte le Trésor pour diriger deux ministères: les Affaires municipales et la Sécurité publique, qu’il tentera de fondre en un seul.

Il sera aussi responsable de Montréal. Nouveau député de Jean-Talon et ancien député et leader parlementaire de la défunte Action démocratique, Sébastien Proulx, 40 ans, accède au conseil des ministres, en succédant à Francine Charbonneau, qui aura connu un parcours fort controversé à la Famille.

Mme Charbonneau demeure cependant responsable des Aînés et de la lutte à l’intimidation. Parmi les nouveaux visages, on note aussi la présence du député de Sherbrooke, Luc Fortin, 33 ans, qui sera responsable du Loisir et du Sport. Ce secteur relevait auparavant du ministère de l’Éducation.

En point de presse, le premier ministre Couillard a dit que les compressions budgétaires effectuées par son gouvernement étaient “indispensables” et qu’elles “nous permettent maintenant d’aller plus loin, notamment d’investir en éducation. Vous verrez le prochain budget, il va y avoir une place assez importante qui va être réservée à l’éducation”.

Sauf que “la rigueur va toujours être là”, a-t-il ajouté.

Julie Boulet, qui était ministre dans le gouvernement Charest mais demeurée simple députée depuis l’élection du gouvernement Couillard, revient au cabinet à la tête du Tourisme et représentera la Mauricie.

Une autre nouvelle venue au cabinet, Rita De Santis, une avocate d’origine italienne de 61 ans, devient responsable de l’Accès à l’information et de la Réforme des institutions démocratiques.

Elle a été élue députée en 2012 et réélue en 2014. Dominique Vien passe du Tourisme au Travail. Malgré tous ces changements, de nombreux ministres conservent leur portefeuille.

Gaétan Barrette demeure à la Santé, Carlos Leitao aux Finances, David Heurtel au Développement durable, Pierre Arcand aux Ressources naturelles, Jean-Marc Fournier reste leader parlementaire, Christine St-Pierre aux Relations internationales, Kathleen Weil à l’Immigration, Pierre Paradis à l’Agriculture, Lucie Charlebois à la Santé publique, Jean D’Amour aux Affaires maritimes, Stéphanie Vallée à la Justice, Luc Blanchette aux Mines, Geoffrey Kelley aux Autochtones, Laurent Lessard aux Forêts et Hélène David à la Culture.

Au total, parmi les 28 ministres, quatre n’ont aucune expérience de cabinet: Dominique Anglade, Rita De Santis, Luc Fortin et Sébastien Proulx.

L’important jeu de chaises musicales au sein des membres du gouvernement entraînera une série de changements dans le personnel des cabinets, ce qui se traduira par un coût pour les contribuables.

Et c’est sans compter le coût des déménagements à venir et les primes à verser à ceux qui choisiront de quitter ou dont les services ne seront plus requis.

De plus, une facture viendra avec l’ajout de trois ministres: chacun aura droit à sa limousine, son garde du corps, ses bureaux et une masse salariale pour former un cabinet.

La cérémonie d’assermentation s’est déroulée au Salon rouge du parlement.

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