Jacques Boissinot Philippe Couillard. Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

QUÉBEC – Le premier ministre Philippe Couillard est prêt à rencontrer «rapidement» les dirigeants de la société Pétrolia, inquiétés par son opposition à la prochaine étape d’exploration des hydrocarbures sur l’île d’Anticosti.

Avant une réunion de ses députés à l’Assemblée nationale, mardi, M. Couillard a affirmé que son gouvernement, partenaire financier du projet, a jusqu’ici respecté les conditions de son engagement sur l’île.

«Le contrat est entièrement respecté, au moment où on se parle actuellement», a-t-il dit aux journalistes.

Alors que le président-directeur général de Pétrolia, Alexandre Gagnon, a réclamé lundi une rencontre avec des représentants du gouvernement, M. Couillard s’est montré ouvert.

«Je tiens à les rencontrer rapidement pour parler de l’ensemble de leurs projets», a-t-il dit.

Harold Fortin, le porte-parole du premier ministre, n’a pas été en mesure de préciser quand la rencontre aura lieu.

«Ce sera communiqué le moment venu», a-t-il répondu.

Depuis décembre, M. Couillard a multiplié les sorties pour prendre ses distances du projet d’exploration, dans lequel le gouvernement péquiste de Pauline Marois s’est engagé à investir 57 millions $.

Bien que le recours à la fracturation hydraulique fasse partie du projet, initié en 2012 par les libéraux, M. Couillard a affirmé récemment qu’il fera tout pour bloquer l’utilisation de cette méthode de forage.

Mardi, tout en soulignant que le gouvernement n’a pas l’obligation d’émettre les autorisations réglementaires nécessaires à la fracturation, M. Couillard a répété que les fonctionnaires doivent respecter les orientations données par les élus.

«Les fonctionnaires sont là en général pour appliquer les orientations du gouvernement élu démocratiquement mais toujours dans le respect des lois et règlements du Québec, a-t-il dit. Ça ne change rien.»

Lundi, M. Gagnon avait exprimé la crainte que le processus réglementaire qui doit mener à la décision d’émettre ou non un certificat d’autorisation soit «vicié» par l’opposition du premier ministre à la fracturation hydraulique.

Selon M. Couillard, malgré les inquiétudes de M. Gagnon, l’État québécois a respecté jusqu’ici ses engagements financiers prévus à la création d’Hydrocarbures Anticosti.

«Le contrat qui est là a été rempli rubis sur l’ongle, a-t-il dit. Tous les versements ont été faits selon les échéanciers prévus.»

Le chef caquiste François Legault a estimé mardi que les propos de M. Couillard auront tout de même un impact sur l’analyse des fonctionnaires, dont dépend la poursuite du projet.

«M. Couillard vient vicier le processus en disant: moi, les fonctionnaires vont faire ce que, moi, M. Le Roi, décide de faire, a-t-il dit. Ça ne se fait pas, ça.»

En Chambre, M. Legault a rappelé que M. Couillard avait limité ses objections aux risques financiers du projet, en février 2014, lorsque les péquistes ont annoncé un partenariat.

«Le premier ministre n’a pas été toujours aussi radical qu’actuellement, a-t-il dit. Le chef du Parti libéral affirmait en février 2014, et je veux le citer: ‘je vous ferai remarquer que l’État a adopté un règlement pour permettre la fracturation hydraulique à Anticosti spécifiquement pour ce projet-là’.»

Dans sa réponse, M. Couillard a une nouvelle fois illustré que le développement économique du Québec ne passera pas par les projets pétroliers.

«Ça n’arrivera jamais à nous donner la prospérité dont nous avons besoin, soyons clairs, et écartons cette illusion de nos esprits, a-t-il dit. Cependant, il y a des projets, dont avec la compagnie Pétrolia, que nous appuyons, dans lesquels nous avons investi et que nous voulons voir se poursuivre.»

M. Couillard a répété que les péquistes ont commis une erreur en s’engageant dans le projet d’exploration, qui prévoit trois forages par fracturation, sans études environnementales.

«La compagnie est la première victime de cette erreur», a-t-il dit.

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