Susan Walsh Barack Obama, Justin Trudeau. Susan Walsh / The Associated Press

WASHINGTON – D’après un vétéran de la Maison Blanche spécialisé dans le rayonnement international, le jeune premier ministre du Canada profitera d’une occasion très rare pour un leader étranger: celle d’être entendu par les Américains.

À quelques jours de la visite officielle de Justin Trudeau à Washington, Brett Bruen a partagé avec La Presse Canadienne quelques réflexions basées sur sa propre carrière comme diplomate et comme directeur de l’engagement international à la Maison Blanche, un poste qu’il occupait jusqu’à tout récemment.

Les leaders étrangers cherchent tous à attirer l’attention des Américains, sur eux-mêmes, mais surtout sur les priorités de leurs citoyens.

Washington reçoit un nombre impressionnant de personnalités politiques chaque année. L’an dernier, la visite du pape François a complètement accaparé l’attention et relégué dans l’ombre le passage du président chinois, deux jours plus tard.

Selon M. Bruen, Justin Trudeau a la chance d’être entendu à travers de tout ce bruit. Avec des articles à son sujet dans le magazine Vogue, le New York Times, le Washington Post cette semaine et une entrevue de 60 minutes diffusée à CBS dimanche, M. Trudeau profite déjà d’une certaine notoriété aux États-Unis.

Il pourrait faire fructifier cette attention en faisant davantage d’apparitions médiatiques non conventionnelles, par exemple dans une sitcom, pour rejoindre les Américains qui ne suivent pas l’actualité, croit Brett Bruen.

«S’établir comme une célébrité américaine. C’est l’une des occasions uniques qui lui sont offertes comme premier ministre», a affirmé M. Bruen, qui a quitté la Maison Blanche l’an dernier. Il est maintenant conseiller chez Global Situation Room, une firme de consultation spécialisée dans l’internationalisation des organisations.

«Voici quelqu’un de jeune, de dynamique, qui a certainement piqué la curiosité des commentateurs et des observateurs, a-t-il expliqué. Maintenant, il doit capter l’intérêt de l’homme ou de la femme sur la rue qui dira: ‘Oui, je connais le premier ministre Trudeau. Lorsqu’il parlera d’immigration ou de changements climatiques ou de commerce, je vais porter attention, car c’est quelqu’un que je vois régulièrement.’»

Ce niveau d’attention peut être une arme à double-tranchant.

Le potentiel de risque était évident, la semaine dernière, dans deux manchettes du journal du Congrès américain, «The Hill». L’une pouvait être interprétée comme un compliment: «L’Obama canadien visitera la Maison Blanche». Mais les réactions étaient moins flatteuses pour l’autre article, «Le premier ministre du Canada aux Américains: accordez plus d’attention au monde».

C’est, en quelque sorte, un retour en arrière. La Presse Canadienne a analysé la couverture médiatique de chaque visite d’un premier ministre aux États-Unis depuis 1933 et a dégagé deux tendances bien claires: le nombre de rencontres bilatérales a dégringolé depuis les années 1950 et celles-ci ont suscité moins d’intérêts des médias américains. Mais auparavant, une visite d’un leader canadien — même du gouverneur général — se retrouvait à la une du New York Times, un scénario inimaginable de nos jours. Le séjour de M. Trudeau sera-t-il un retour à ce passé prestigieux ?

Selon Raymond Chrétien, un ancien ambassadeur canadien à Washington, les États-Unis portent davantage d’intérêt aux pays qui représentent une menace. Mais M. Trudeau, qui est jeune et dont le nom le précède, pourrait renverser la vapeur pour les Canadiens.

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