Adrian Wyld/THE CANADIAN PRESS

OTTAWA – Les syndicats et les organismes qui défendent les chômeurs étaient unanimes à demander une réforme destinée à améliorer l’accessibilité à l’assurance-emploi, sérieusement restreinte par le règne conservateur.

Le budget Morneau apporte quelques allègements au régime d’assurance-emploi, mais ils restent mineurs.

Entre autres mesures, le délai de carence avant de pouvoir toucher des prestations — une sorte de délai qui équivaut à une franchise à payer — passera de deux à une semaine à compter du 1er janvier 2017.

De plus, une mesure qui avait été grandement décriée lors de la réforme de 2012 sera abandonnée. Il s’agit de l’obligation qui avait été faite aux prestataires de l’assurance-emploi d’accepter un emploi à un salaire inférieur même s’il supposait des déplacements sur de plus longues distances.

Le budget Morneau annule ces changements tant dénoncés par les groupes de défense des chômeurs et les syndicats.

De même, à compter de juillet prochain, les personnes qui deviennent ou redeviennent membres de la population active —comme les jeunes travailleurs ou les immigrants — et qui devaient accumuler 910 heures de travail rémunéré au cours des 52 dernières semaines pour avoir droit aux prestations d’assurance-emploi verront le nombre d’heures requis baisser au même niveau que les autres demandeurs dans leur région.

Encore récemment, on apprenait que les délais pour obtenir des prestations d’assurance-emploi avaient allongé, à cause d’un accroissement de la demande. Au cours de la dernière année, les demandes ont crû de 7,8 pour cent dans l’ensemble du pays.

Le budget Morneau accorde donc une somme supplémentaire de 19 millions $ pour l’exercice 2016-2017 à Service Canada afin de faire face à la demande accrue et apporter un meilleur service aux demandeurs.

De plus, le versement de prestations d’assurance-emploi pourra être prolongé à certaines conditions, dans certaines régions du pays, mais pas au Québec ni au Nouveau-Brunswick.

Les régions qui pourront en bénéficier seront les 12 qui ont connu des hausses du taux de chômage les plus marquées, soit de 2 pour cent ou plus.

Il s’agit de Terre-Neuve-et-Labrador, de Sudbury, du Nord de l’Ontario, du Nord du Manitoba, de Saskatoon, du Nord de la Saskatchewan, de Calgary, du Nord de l’Alberta, du Sud de l’Alberta, du Nord de la Colombie-Britannique, du Nunavut et de Whitehorse.

Dans leur cas, la durée des prestations pourra être allongée de cinq semaines jusqu’à concurrence de 50 semaines.

La mesure débutera en juillet prochain et elle s’appliquera rétroactivement aux demandes reçues depuis le 4 janvier dernier.

Dans ces mêmes 12 régions, les prestations pourront aussi être prolongées pour les travailleurs de longue date. Un potentiel de 20 semaines supplémentaires pourrait être offert jusqu’à concurrence de 70 semaines de prestations.

Le budget Morneau explique ces dernières mesures qui ne touchent que certaines régions du pays par le fait que la chute des prix du pétrole depuis la fin de 2014 «a généré des chocs marqués et prolongés sur le marché de l’emploi» dans ces régions.

En entrevue, le président du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval, s’est dit déçu de ces modifications, parce qu’elles feront que les cotisations des employeurs à ce régime diminueront moins vite que prévu, puisque l’accessibilité augmente.

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