Sean Kilpatrick Harjit Sajjan. Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne

OTTAWA – Le ministre de la Défense nationale lance une vaste consultation publique sur l’avenir des Forces armées, consultation qui devrait aboutir à une nouvelle politique en matière de défense, avant la fin de cette année.

Le ministre Harjit Sajjan a détaillé l’horaire et les modalités de la consultation, mercredi après-midi, au cours d’une conférence de presse. Il n’a cependant pas pu dire combien coûterait l’exercice.

Le premier ministre non plus n’a pas pu fournir un chiffre. Justin Trudeau s’en est plutôt pris à ceux qui reprochent à son gouvernement de mener trop de consultations.

«Cette préoccupation qu’ont certains — particulièrement les membres du gouvernement précédent — qui croient que nous parlons trop aux Canadiens, je pense qu’ils ont besoin de se regarder et de se demander pourquoi ils sont dans l’opposition maintenant», a lancé M. Trudeau aux conservateurs, lors d’un point de presse à Trois-Rivières mercredi après-midi.

«Qu’avons-nous besoin que les Forces armées canadiennes fassent?», résumait plus tôt à Ottawa le ministre Sajjan pour décrire l’objectif de la consultation.

«Mon but est d’élaborer une nouvelle vision pour nos militaires, une vision ancrée dans notre politique étrangère, (…) une vision qui donne aux hommes et aux femmes en uniforme les capacités dont ils ont besoin pour réussir maintenant et dans l’avenir», a-t-il aussi déclaré.

Les Canadiens ordinaires pourront offrir leurs opinions sur la question en ligne, d’ici le 31 juillet.

Les experts se réuniront dans le cadre de six tables rondes à Toronto, Vancouver, Yellowknife, Edmonton, Montréal et Halifax.

Le ministre pourra également compter sur un panel de quatre Canadiens pour le conseiller: l’ancienne juge Louise Arbour, l’ex-ministre Bill Graham, l’ancien chef d’état-major Raymond Henault et l’ex-fonctionnaire Margaret Purdy.

M. Sajjan s’attend aussi à ce que les comités parlementaire et sénatorial qui étudient la défense fassent avancer la réflexion.

Les parlementaires qui siègent dans l’opposition n’ont pas tardé à critiquer la démarche.

«Je ne veux pas que les dés soient pipés d’avance», a averti le député conservateur Pierre Paul-Hus au cours d’une entrevue téléphonique.

M. Paul-Hus craint que le gouvernement libéral se prépare à écouter ceux qui sont déjà de son avis sur la nécessité de changer l’orientation des missions militaires canadiennes. Et puis, il se demande ce qui se passe en attendant la publication, début 2017, du livre blanc sur la nouvelle politique canadienne en matière de défense.

«Les Forces canadiennes semblent être en mode pause (…). Les militaires sur le terrain ne savent pas. Est-ce qu’on s’en va dans les missions de paix? Est-ce qu’on va avoir plus d’implication au niveau de la guerre contre l’État islamique? Il y a beaucoup d’ambiguïté. (…) Les militaires ne peuvent pas être laissés dans un flou en attendant que les politiciens fassent des consultations», s’est inquiété le député.

Le ministre Sajjan, de son côté, a fait remarquer que pareille révision de la politique canadienne en matière de défense n’a pas été faite depuis 1994. Pour ce qui est du résultat qu’il en attend, le ministre soutient que la structure des Forces armées sert bien le Canada en ce moment et qu’il n’est pas question de tout chambarder trop vite.

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