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MONTRÉAL – Des syndicats du secteur municipal, toutes allégeances confondues, ont uni leurs voix, lundi, pour prévenir le gouvernement du Québec et les villes qu’ils n’accepteront pas qu’une loi dicte leurs conditions de travail. Ils viennent de lancer une pétition à cet effet, «le seul moyen pacifique» qu’il leur reste, estiment-ils.

À la suite du pacte fiscal signé entre le gouvernement du Québec et les municipalités, Québec s’était engagé à déposer un projet de loi pour donner aux villes le droit de décréter les conditions de travail de leurs employés, en cas de négociation infructueuse avec leurs syndicats. Le gouvernement disait vouloir ainsi leur donner plus d’outils de négociation face aux syndicats municipaux.

Le projet de loi octroyant ce pouvoir aux villes et qui délimitera les balises n’a toujours pas été déposé, mais il doit l’être d’ici la fin de la présente session parlementaire.

Des syndicats municipaux du SCFP (Syndicat canadien de la fonction publique, affilié à la FTQ), de la CSN et de la FISA (Fédération indépendante des syndicats autonomes) ont rencontré la presse, lundi à Montréal, aux côtés de représentants d’autres syndicats, même du secteur privé, comme les Métallos, affiliés à la FTQ.

Ils ont recueilli 10 000 noms sur une pétition qui doit être déposée à l’Assemblée nationale, au nom du droit de négocier ses conditions de travail.

«On ne se laissera pas faire. Monsieur Couillard, c’est le seul moyen qu’il nous reste, pacifique, donc s’il-vous-plaît tenez-en compte», a lancé Chantal Racette, présidente du Syndicat des cols bleus regroupés de la Ville de Montréal.

Elle n’a pas précisé quels seraient les autres moyens auxquels les syndiqués devraient recourir s’ils n’obtiennent pas gain de cause.

Ces syndicats soutiennent que si les conditions de travail peuvent être imposées par un employeur du secteur municipal, rien n’empêchera le gouvernement du Québec d’agir ainsi face aux employés des secteurs public et parapublic et des sociétés d’État — à l’heure actuelle, il doit tout de même adopter une loi spéciale et justifier le recours à une telle loi.

«Je vous parie que si cette loi-là passe, demain matin, ça va donner l’idée non seulement à d’autres employeurs, mais ça va s’étendre comme une traînée de poudre chez tous les travailleurs syndiqués, quelque allégeance que ce soit», s’est exclamée de son côté Lucie Levasseur, présidente du SCFP-Québec.

L’adjoint au directeur québécois du Syndicat des Métallos, Dominique Lemieux, est allé plus loin. «On est convaincu au Syndicat des Métallos que si jamais cette brèche-là s’ouvre, elle va s’ouvrir aussi au secteur public plus large, mais aussi au secteur privé», a-t-il dit.

Aux maires qui plaident qu’ils doivent respecter la capacité de payer des citoyens dans les conventions collectives qu’ils signent avec leurs syndicats, Mme Racette rappelle qu’«on est tous des citoyens», que les employés municipaux font aussi partie de la classe moyenne qui paie des taxes.

«Et pourquoi mettre un projet de loi quand ça va bien?» a-t-lancé.

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