Adrian Wyld Justin Trudeau. Adrian Wyld / La Presse Canadienne

OTTAWA – Justin Trudeau affirme que sa mère et ses beaux-parents étaient les invités personnels du président américain Barack Obama au dîner officiel à la Maison-Blanche, en mars, mais il semble que ce soient les contribuables qui aient payé leur déplacement.

Margaret Trudeau et les parents de Sophie Grégoire faisaient partie de l’importante délégation qui accompagnait le premier ministre lors de sa première visite dans la capitale américaine. Dans des documents déposés la semaine dernière aux Communes, on apprenait que 44 personnes avaient fait partie de cette délégation, à un coût préliminaire d’un peu plus de 25 000 $ — plus quelques factures et frais toujours à recevoir.

Interrogé par les journalistes lors d’une annonce à Ottawa, lundi, le premier ministre Trudeau a expliqué que cela «faisait presque 20 ans que le Canada n’a pas été invité pour un souper d’État aux États-Unis».

«C’est le président (Obama) lui-même qui a invité personnellement ma mère et mes beaux-parents, et a même souligné la présence de ma mère lors du souper pour féliciter son travail pour la santé mentale qu’elle est en train de faire depuis bien des années», a-t-il dit.

Lorsqu’on lui a demandé si c’était le gouvernement canadien qui avait payé la note de ses proches, M. Trudeau a éludé la question. «On a fait un voyage qui a été une grande réussite, et le Canada et les États-Unis vont tous les deux en profiter dans les années à venir», a-t-il dit, avant de passer à une autre question sur Fort McMurray.

Le premier ministre avait expliqué que par la taille de sa délégation, le Canada voulait souligner qu’il n’y a pas de relation internationale plus importante ni plus unique que celle tissée avec les États-Unis. M. Trudeau a estimé que «ce moment très positif» signale un rapprochement dans les relations Canada-États-Unis après une période plus froide sous son prédécesseur conservateur, Stephen Harper.

Lors de son voyage officiel de trois jours à Washington, M. Trudeau était accompagné d’au moins neuf ministres et de plusieurs membres de son entourage politique, mais aussi de la présidente du Parti libéral du Canada (PLC), Anna Gainey, et du directeur du financement au PLC, Stephen Bronfman. Le Parti libéral a précisé jeudi dernier que les contribuables n’ont assumé aucuns des frais de Mme Gainey et de M. Bronfman.

Plus tard en journée, le Bureau du premier ministre a indiqué que la mère de M. Trudeau et ses beaux-parents avaient voyagé à bord d’un avion gouvernemental et qu’ils rembourseraient les frais selon la valeur d’un vol commercial.

«COP 21» à Paris

Mais cette délégation de 44 personnes fait pâle figure comparativement au nombre de Canadiens qui ont fait le déplacement à Paris pour la conférence sur le climat, en décembre. Dans de nouveaux documents déposés aux Communes, on apprend que 121 Canadiens ont participé à ce sommet, en tout ou en partie — dont M. Trudeau lui-même, qui a séjourné quelques jours à Paris.

Le coût total du transport aérien de cette délégation, par avion gouvernemental, est estimé à 188 700 $. Les frais d’hébergement, de repas et autres dépenses diverses ne sont pas précisés dans ce document, déposé à la suite d’une requête écrite du député conservateur Ed Fast, qui faisait lui-même partie de la délégation canadienne à Paris.

Le gouvernement fait valoir que cette délégation «comprenait des représentants des provinces et territoires, des organisations autochtones nationales, des jeunes, des organisations non gouvernementales, du milieu des affaires et de l’opposition aux Communes», afin d’assurer le succès de l’entreprise.

Le document dresse la liste des membres de la délégation et la durée de leur séjour, mais pas le coût du déplacement de chacun. Une première liste demandée par le député Fast contenait les frais de chacun des membres de la délégation mais pas leur nom. De plus, la plus récente liste contiendrait, selon M. Fast, 24 personnes de moins que celle qu’Ottawa lui avait d’abord fournie. Ce qui a fait dire à l’ancien ministre du Commerce international que le gouvernement libéral n’était pas net dans ce dossier.

«Les Canadiens trouvent que tout cela sent mauvais. Que cache le gouvernement?», a demandé M. Fast en Chambre.

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