Jacques Boissinot / La Presse Canadienne Lise Thibault

MONTRÉAL – L’ex-lieutenante-gouverneure du Québec, Lise Thibault, a obtenu sa libération conditionnelle.

Mme Thibault était donc en mesure de quitter l’établissement de détention Leclerc dès jeudi, mais elle devra respecter certaines conditions.

À sa demande, Mme Thibault s’est vu accorder une «sortie préparatoire à la libération conditionnelle». Il s’agit en fait d’une mesure de libération conditionnelle qui peut être octroyée lorsque le contrevenant n’a purgé que le sixième de sa peine. Une libération conditionnelle n’est accordée que lorsque le détenu a purgé le tiers de sa peine.

Cette «sortie préparatoire» comporte plusieurs conditions et elle doit être renouvelée ponctuellement. Par exemple, le certificat délivré en date de jeudi expire le 17 juillet prochain.

Mme Thibault devra entre autres suivre une thérapie, maintenir ses liens familiaux, et dans son cas spécifique, il lui est interdit de gérer des fonds publics ou les finances d’organismes caritatifs, dont la fondation Lise Thibault.

Dans le document expliquant sa décision, la Commission québécoise des libérations conditionnelles a souligné que Mme Thibault avait un risque de récidive faible et qu’elle ne représentait pas un danger pour la société, bien que les «délits commis (soient) graves» et qu’elle «ait eu tendance à se déresponsabiliser face à (ses) délits».

La Commission note toutefois que la détenue n’a pas d’antécédents judiciaires et que «(son) comportement carcéral est adéquat».

«Vous devez comprendre que les objectifs de dissuasion et de réprobation visés par la peine infligée par le juge sont toujours valides et ce, même si les conditions de la peine ont été modifiées», a prévenu la Commission.

Lise Thibault purgeait sa peine de prison de 18 mois depuis le 25 février. Elle avait aussi purgé six jours de prison après le prononcé de la peine, le 30 septembre 2015, mais elle avait ensuite pu recouvrer sa liberté en attendant que la Cour d’appel ne confirme le verdict du tribunal inférieur.

Sa condamnation faisait suite à son plaidoyer de culpabilité, en décembre 2014, à des accusations de fraude de 430 000 $ aux dépens des gouvernements du Québec et du Canada et d’abus de confiance, un plaidoyer qui avait causé la surprise. Elle a aussi été condamnée à rembourser 300 000 $.

Lise Thibault, âgée de 77 ans, avait reconnu avoir utilisé durant son règne comme lieutenante-gouverneure, de 1997 à 2007, des fonds publics pour des dépenses qui n’étaient pas liées à ses fonctions, notamment pour des voyages, des fêtes familiales, des repas et des activités de loisir.

À l’origine, l’accusation faisait état d’une fraude de 700 000 $.

Lise Thibault avait tenté d’obtenir auprès de la Cour d’appel que sa peine de 18 mois d’emprisonnement soit transformée en peine avec sursis à purger dans la collectivité. Le banc de trois juges avait toutefois rejeté cette demande le 24 février dernier dans une double décision où il refusait également d’entendre l’appel de la Couronne, qui souhaitait au contraire voir la peine allongée à quatre ans de pénitencier.

Elle a occupé la fonction de lieutenant gouverneur du Québec durant dix ans, de janvier 1997 à juin 2007.

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