Tom Stromme Tom Stromme / The Associated Press

Le gouvernement fédéral examinera la possibilité de devancer l’échéancier pour bannir le transport de tout liquide dangereux – et pas seulement le pétrole brut – par wagon DOT-111, a affirmé lundi le ministre des Transports, Marc Garneau.

Cet échéancier est présentement prévu pour 2025. «Je suivrai le dossier de près pour voir si nous pouvons accélérer le remplacement des wagons DOT-111 pour tous les liquides dangereux, pour que ce soit effectué avant 2025», a déclaré le ministre. Il n’a pas pu préciser l’échéancier précis, mais a affirmé que cela devrait être fait «le plus rapidement possible».

Il a rajouté qu’il n’aurait pas été réaliste de bannir d’un seul coup le transport de toute matière dangereuse par DOT-111 et qu’il fallait donc procéder par étapes, à commencer par le pétrole brut.

Impliqués dans le désastre de Lac Mégantic de 2013, les wagons DOT-111 doivent être remplacés par des wagons TC-117. Ceux-ci sont plus sécuritaires, selon M. Garneau, puisque leur acier est plus épais. Les TC-117 ont aussi quelques mesures de sécurité supplémentaires, dont une protection thermique.

M. Garneau a assuré que le coût de remplacement des wagons serait entièrement assumé par l’industrie ferroviaire. Le ministre a aussi affirmé qu’Ottawa jouit de l’appui des compagnies ferroviaires et pétrolières dans cette démarche.

L’échéancier mis de l’avant par Ottawa pour bannir le transport du pétrole brut par les wagons DOT-111 est réaliste, selon Bob Ballantyne, président de l’Association canadienne de gestion du fret, qui représente les entreprises qui achètent des services de transport de marchandise au pays.

«Depuis 2014, les compagnies ferroviaires et pétrolières savent que les gouvernements canadien et américain veulent bannir les DOT-111. Ce n’est pas une grosse surprise. Elles se sont donc préparées à l’avance et cherchent elles-mêmes à les remplacer», juge-t-il.

Le ministre annonçait d’ailleurs hier que le transport du pétrole brut par DOT-111 serait interdit dès le 1er novembre. Il devançait donc l’échéancier prévu de six mois pour les wagons DOT-111 non munis d’une chemise métallique, et de 16 mois pour ceux qui le sont.

M. Garneau a assuré que le Canada avait conclu une entente avec le gouvernement américain à cet effet et qu’aucun wagon DOT-111 transportant du pétrole brut ne pourra franchir la frontière dès la date prévue. Il a aussi confirmé que les transporteurs fautifs s’exposaient à des «pénalités», sans toutefois préciser le montant de l’amende.

«C’est un pas dans la bonne direction. C’est rassurant, mais notre travail n’est pas terminé. Nous avons un mandat de continuer à collaborer avec le gouvernement pour améliorer [la sécurité ferroviaire]», a commenté Pauline Quinlan, mairesse de Bromont et membre du comité sur la sécurité ferroviaire à la Fédération canadienne des municipalités.

Elle a expliqué que l’inspection des rails, la surveillance des wagons stationnés et l’état de préparation des premiers répondants en cas de désastre restent à améliorer.

Inspecteurs au pays

Le ministre Marc Garneau a avancé que le nombre d’inspecteurs de Transports Canada pour examiner l’état des 45 000 km de rails au pays avait augmenté, passant de 100 à 135 depuis qu’il a pris contrôle du portefeuille des Transports. Il a indiqué que le nombre d’inspecteurs était suffisant.

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