Collaboration spéciale Dylan Authors et Julia Sarah Stone, dirigés par Bruce McDonald, cinéaste canadien nous ayant entre autres donné le film-culte Hard Core Logo.

Cette semaine, Métro craque pour…Weirdos, Hypnotised, de Coldplay, The Legend of Zelda: Breath of the Wild, Get Out, L’imparfaite amitié, Réminiscences et When We Rise.

1. Weirdos
Par un beau jour de juillet 1976, à Antigonish, en Nouvelle-Écosse, un ado fait sa valise, salue son affiche d’Elton John, descend au salon et déclare qu’il va passer la nuit chez sa copine. Sa grand-mère est outrée. Son père le pousse presque vers la sortie. Mais c’est de la ville qu’il finira par sortir, avec ladite copine qui l’intéresse drôlement moins qu’elle le voudrait. Drôlement moins aussi que ce garçon dans la voiture duquel ils se retrouvent en faisant du stop. Tourné en noir et blanc par Bruce McDonald, vétéran torontois qui ne nous déçoit jamais, ce récit doux comme un après-midi d’été est fait de jeans pattes d’eph’, de promenades sur le bord de l’autoroute, de conseils proférés par le fantôme d’Andy Warhol (ou est-ce seulement «un type avec une perruque»?), de bières autour du feu, et de baisers qu’on donne par amour, par vengeance ou qu’on se retient de donner parce que c’est interdit. Parce que les moqueries. Une ode à tous les weirdos qui fait sourire, qui fait du bien. À voir au Centre Phi samedi à 19 h 30. (Natalia Wysocka)

2. Hypnotised, de Coldplay
Coldplay a fait une douce surprise à ses fans en dévoilant Hypnotised. Un titre qui laisse présager – espérer? – que le groupe britannique a retrouvé la recette des ballades de ses débuts. Dès les premières notes de xylophone, l’imagination est transportée dans une atmosphère tout aussi planante que nostalgique. Si ce nouveau titre de six minutes est un bonheur pour les oreilles, le vidéoclip signé Mary Wingmore, où les paysages aux tons pastel se croisent en kaléidoscope, procure un plaisir à la fois envoûtant et coloré. Un choix esthétique qui ne relève pas du hasard puisque Coldplay a annoncé la sortie, le 2 juin, de Kaleidoscope, un EP de cinq titres. Le groupe sera de passage à Montréal les 8 et 9 août. (Anicée Lejeune)

3. Séances de minuit au Parc
Link doit encore sauver Hyrule et la princesse Zelda des griffes de l’ignoble Ganon dans The Legend of Zelda: Breath of the Wild. L’expérience, par contre, est complètement différente de celle des autres jeux de la série. L’univers est immense et les choses qu’on peut y accomplir semblent s’étendre à l’infini. Breath Of The Wild est si bien construit qu’il peut séduire même ceux qui n’aiment pas particulièrement les jeux de type open world (j’en suis). Et l’esprit de Zelda est respecté. Comme dans les versions précédentes, on navigue dans les différents donjons et sanctuaires parsemés un peu partout sur la carte. Les possibilités ont simplement
été multipliées par 1 000. (Mathieu Horth Gagné)

4. Get Out
Jordan Peele est davantage qu’un surdoué de la comédie. Le membre du duo Key & Peele vole de ses propres ailes avec Get Out, qu’il a écrit et réalisé. Un film d’horreur du point de vue d’un homme noir qui doit passer un week-end avec la famille de sa copine dans une banlieue cossue, et tellement blanche. Même si l’ambiance est étouffante, Peele conserve ses instincts comiques. Et ses commentaires sociaux, sur fond de tensions raciales, sont peut-être plus pertinents que jamais. Get Out est un numéro de jonglerie. Les balles sont le suspense, l’horreur ainsi que la satire, et Peele n’en échappe aucune. (Mathieu Horth Gagné)

5. L’imparfaite amitié
«Il faut aimer très fort.» Et résister. Et choisir. Amanda est une amoureuse. Québécoise de l’île aux Coudres, elle réside à Prague depuis 20 ans. Pour se «guérir», elle fait un pacte avec elle-même dans lequel elle se fixe un objet de désir qu’elle ne possédera jamais et qui sera au cœur du déclenchement d’une nouvelle vie. Dans L’imparfaite amitié, Mylène Bouchard explore dans un format inusité et rythmé les amours, les amitiés, les relations mère-fille et celles entre une épouse et son mari en difficulté. Superbe lecture. En librairie (Éditions La Peuplade). (Andréanne Chevalier)

6. Réminiscences, Hichem Khalfa Quartet
Hichem Khalfa, aussi trompettiste du band funk mont­réalais The Brooks, propose un deuxième opus à la barre de son quatuor jazz. Le musicien d’origine française a peut-être délaissé temporairement le groove pour des sonorités plus complexes, mais il propose des compositions tout aussi énergiques. Les trois premières pièces de Réminiscences (Momo, Réminiscences et Years Later) offrent des envolées accrocheuses qui rentrent au poste. La trompette domine l’ensemble, mais difficile de passer à côté de la présence de Jérôme Beaulieu aux claviers, lui qui livre plusieurs beaux duels de virtuosité à Khalfa. On accroche un peu moins sur les pièces plus lentes comme la mélancolique Kokiri, mais l’album demeure une très belle carte de visite pour des musiciens en pleine possession
de leurs moyens. (Benoit Valois-Nadeau)

7. When We Rise
Quand Gus Van Sant et Dustin Lance Black – déjà derrière Milk – se sont lancés dans When We Rise, ils n’imaginaient sûrement pas sa diffusion sous une administration Trump. Dans des temps où les minorités craignent une régression, la minisérie retraçant plus de 40 années de militantisme des droits LGBTQ aux États-Unis est un écran de résistance. Diffusé sur un grand réseau (ABC), ce docufiction agrémenté d’images d’archives et interprété par un mélange de jeunes acteurs à la hauteur et de vétérans – notamment Whoopi Goldberg, Mary-Louise Parker (Weeds) et Michael K. Williams (The Wire) – nous atteint au cœur par ses personnages résilients qui ont perdu beaucoup des leurs et qui ont dû enchaîner les combats. Contre l’homophobie. Contre le sida. Pour le mariage gai. Offert en ligne (Baptiste Barbe)

On se désole pour…

 

Le zèle excessif des horaires
Vous auriez dû lire dans ces pages nos impressions sur la toute nouvelle pièce d’un jeune dramaturge dont on adore le travail. Mais en raison d’un retard de 2 minutes (pas 22, pas 12, 2 comme dans 120 secondes), on nous a catégoriquement refusé l’entrée dans la salle. On comprend très bien qu’il n’y a rien de pire qu’un retardataire qui traverse une rangée dans le noir – pardon, pardon, oh, pardon pour votre genou, madame, je pensais que c’était l’accoudoir, pardon – avant de s’installer dans son siège, dérangeant tout le monde, et surtout les acteurs, au passage. Mais quand des billets attendent à la caisse, serait-ce possible d’attendre, on ne sait pas, allez, soyons fou, quatre minutes avant de commencer le show? Surtout quand on sait à quel point la circulation est charmante sur le Plateau… (Natalia Wysocka)

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