Laurie Sparham/Disney Emma Watson en Belle

L’actrice et activiste Emma Watson, qui prend les traits de Belle dans le conte musical noir Beauty and the Beast (La Belle et la Bête), veut rappeler au monde qu’il faut accepter ses bons et ses mauvais côtés pour atteindre le bonheur.

Vingt-six ans après la sortie du film d’animation, Disney réadapte avec des humains un de ses classiques. La Britannique, qui n’avait qu’un an à l’époque, a mis sur pause son rôle d’ambassadrice à l’ONU pour la cause des femmes afin de discuter avec Métro de ce qui l’a convaincue de jouer dans le film réalisé par Bill Condon.

Après Harry Potter, pourquoi revenir au cinéma pour enfants?
Je ne crois pas que les contes soit uniquement destinés aux enfants. Les adultes aussi ont besoin de ces histoires. Ce n’est pas pour rien qu’elles sont racontées depuis des siècles. Leurs thèmes sont universels. Je ne vois donc pas ce choix comme un retour dans l’univers des enfants. Je n’avais jamais chanté pour un film. Je n’étais jamais montée à cheval. J’ai appris tellement de nouvelles choses que je vois cette expérience comme un ajout plutôt qu’un recul dans ma carrière d’actrice.

Comment vous êtes-vous préparée pour ces nouveaux défis?
Ç’a nécessité trois mois d’entraînement. Je suivais des cours de chant et je montais à cheval deux ou trois fois par semaine. C’est comme si j’allais à un camp d’entraînement «spécial Belle». Ce n’est pas le genre de film où tu commences à jouer dès que tu te présentes sur le plateau. Ç’a demandé beaucoup de préparation en amont.

«Je me suis dit plusieurs fois que c’était fou de n’avoir jamais vraiment chanté, et de le faire pour la première fois dans un des contes musicaux les plus célèbres de tous les temps.» – Emma Watson, qui avoue avoir un peu hésité avant d’accepter le rôle de Belle.

Le rôle de Belle est important en ce sens qu’elle montre aux petites filles qu’elles peuvent être fortes et se battre pour leurs idées. Que peut apprendre la Bête aux garçons, selon vous?
C’est une idée fausse que de croire que Beauty and the Beast est un film de filles. Il explore autant la masculinité que la féminité. Ce qui rend la Bête humaine, c’est la compassion et l’empathie dont elle fait preuve, y compris envers ses ennemis, comme Gaston. Pour avoir ses qualités, il faut comprendre ce qu’est l’amour, c’est-à-dire savoir mettre ses propres intérêts après ceux des autres.

C’est le message du film?
Il a plusieurs niveaux de lecture, pour les enfants et pour les adultes, que ce soit sur les plans politique, spirituel, émotionnel ou culturel. Après avoir vu le film, j’aimerais que le spectateur se souvienne que l’amour peut tout conquérir. Il transcende les apparences et a le pouvoir de transformer, de sauver.

Comment Belle a-t-elle évolué depuis la première version de Disney?
Le personnage de Maurice [le père de Belle], qui était un scientifique un peu fou, est moins bizarre ici. Dans cette histoire, Belle est une inventrice. Elle a créé une machine à laver qui lui permet d’avoir du temps pour lire et étudier. On connaît davantage son passé aussi. On sait par exemple ce qui est arrivé à sa mère. Belle a également une nouvelle chanson et ses habits ont été rajeunis. Dans la version animée, elle portait des souliers de ballet et un panier. Dans la nôtre, elle porte des bottes sales et des chaussettes boueuses. Elle a aussi deux ceintures, une pour sa robe et une pour grimper plus rapidement sur son cheval.

Que pensez du renouveau des comédies musicales?
Une des raisons pour lesquelles Disney réadapte ses classiques à l’écran, ce sont les progrès de la technologie. Par ailleurs, nous vivons en ce moment dans un climat politique incertain. J’ai l’impression que les gens veulent voir des films qui les transportent ailleurs, leur donnent de l’espoir et leur rappellent ce qu’il y a de beau dans la vie. Les comédies musicales sont parfaites pour ça.

Belle est une femme très noble qui voit le bon chez les gens. Pensez-vous qu’elle peut avoir une influence sur la jeune génération?
La chose la plus remarquable chez Belle, c’est qu’elle ne juge pas les personnes avant de savoir toute leur histoire. Dans la réalité, même si ça n’apparaît pas forcément au premier coup d’œil, on en a tous une. On ne peut jamais connaître entièrement celle de l’autre jusqu’à ce qu’on se mette dans ses souliers. C’est un message important en ce moment : la planète est de plus en plus petite, nous devons trouver un moyen d’être davantage comme Belle et d’essayer le plus souvent possible de nous mettre à la place des autres, de ne pas avoir peur de l’inconnu.

Belle connaît par cœur des passages de ses livres. Est-ce le cas pour vous aussi?
Je connais quelques lignes de Shakespeare. Mon grand-père en connaît beaucoup, c’est quelque chose qu’il m’a transmis. C’est une façon pratique de se souvenir de fragments de sagesse.

Vous inspirez les hommes et les femmes pour qu’ils donnent leur 100%. En quoi Beauty and the Beast suit-il ce principe?
Belle et la Bête représentent les deux forces qui habitent une même personne. Le film est en cela une métaphore de chaque être humain, qui doit accepter ces deux forces opposées. Beaucoup de choses dont j’ai parlé ces deux dernières années y sont abordées. Belle est une marginale. Moi-même, je me perçois toujours comme une personne excentrique! Parfois, c’est bien aussi de ne pas toujours s’ajuster.

On a l’impression que vos grands moments de joie sont lorsque vous défendez vos idéaux plutôt que lorsque vous goûtez à la célébrité, non?
En effet. L’être humain est plus heureux quand il réalise que nous sommes tous interconnectés et que, plus le groupe est heureux, plus nous le sommes en tant qu’individu. Alors, je suis persuadée qu’avoir un objectif en vue du bien commun, en travaillant avec une communauté formidable, donne un sens à ma vie. Ç’a vraiment changé mes opinions, ma manière de voir les choses et de gérer ma célébrité.

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