Yann COATSALIOU- 360 MEDIAS Julia Stiles

Quel meilleur endroit pour la première mondiale de la série Riviera que, ben, justement là? Sur la Riviera française?

Présenté comme un Alice au pays des merveilles dégénéré, ou un Alice in Fucked Up Wonderland, dans sa citation originale, Riviera offre une combinaison de belles voitures conduites à toute allure, de déchirements familiaux intenses, de coupes qui débordent de champagne et de baies vitrées appelant à la nudité. Avec ses personnages hyper fortunés, son mystère, son suspense et sa petite touche de savon, cette histoire imaginée par Neil Jordan, scénariste oscarisé pour The Crying Game, évoque la série Revenge.

L’actrice américaine Julia Stiles y incarne l’épouse d’un milliardaire collectionneur d’art. Un soir où elle tente de mettre la main sur une toile de Malevitch dans une vente aux enchères à New York, son amoureux «va passer la nuit chez un ami» sur la Côte d’Azur (comprendre ici: «Il va faire la fête avec de jolies demoiselles sur un bateau jusqu’au lever du soleil»). Mais tout finit par exploser, au sens propre comme au figuré, et la jeune femme, devenue veuve, doit se mesurer à l’ancienne compagne glaciale de son feu mari. Car, évidemment, comme le veut la formule consacrée, «tout le monde a des secrets», papapam.

Le premier épisode, présenté lundi dans le cadre du MIPTV, à Cannes, a été accueilli par des applaudissements polis. Le journaliste Ali May, qui 
animait la séance de questions-réponses qui a suivi la projection, a quelque peu patiné pour mettre en train les participants, peut-être refroidis par l’accueil trop gentil.

«Alors! Quel effet cela vous fait-il d’être de retour sur les lieux de tournage?» s’est exclamé d’emblée le modérateur avec entrain.

«It’s great», a répondu 
laconiquement le producteur Foz Allan.

«It’s great», a répété tout aussi laconiquement Julia Stiles.

It’s… Silence.

«OK tout le monde, si on va faire ça, il va me falloir des réponses plus longues que juste un mot, hein? Ha! Ha! Ha!» a joyeusement, barre oblique, nerveusement commenté l’homme au micro.

Bon joueur, Cameron Roach, responsable des programmes à Sky/Vision, qui produit Riviera, s’est alors lancé dans le récit de «quand-on-a-tourné-ici-en-janvier-il-faisait-terriblement-froid-mais-on-devait-quand-même-faire-semblant-que-c’était-l’été-très-légèrement-vêtus». L’anecdote a un peu dégelé l’ambiance.

Pendant que l’animateur ne cessait de répéter qu’il n’avait pas encore vu les quatre derniers épisodes, mais qu’il ne souhaitait rien de plus au monde – «Je veux les voir! Je veux les voir! C’est trop bon!» –, on a appris que la série n’avait pas été écrite d’un trait, à l’avance, loin de là. Les 10 épisodes de une heure, tournés par 5 réalisateurs différents, ont plutôt été conçus à raison de «deux la shot». Ainsi, les auteurs développaient l’intrigue, au fur et à mesure que progressait le tournage, à partir de «ce qu’ils voyaient les acteurs faire». (On ne sait pas pour vous, mais cette méthode ne nous rassure pas forcément.)

L’actrice suédoise Lena Olin, qui a notamment joué pour Ingmar Bergman, et qui joue ici l’impériale ex-femme du collectionneur d’art milliardaire, a davantage expliqué le processus (et nous a quelque peu rassuré): «Aussi épuisant et douloureux que ç’a pu être de ne pas savoir où se dirigeait le scénario, ç’a également été gratifiant de pouvoir construire nos personnages un jour après l’autre. Ça nous a permis, à nous les acteurs, d’avoir des discussions avec les scénaristes sur les directions que nous souhaitions prendre.»

Julia Stiles, actrice de 
36 ans connue, entre autres, pour sa participation à la série des Jason Bourne (on n’oubliera jamais non plus son rôle dans la comédie romantique 10 Things 
I Hate About You, avec Heath Ledger) a, quant à elle, détaillé la relation qu’elle entretient avec Lena Olin à l’écran: «En surface, nous sommes des rivales, nous nous battons pour le contrôle de cette famille et nous sommes possessives face à notre propre histoire d’amour avec notre mari disparu. Mais il y a aussi du respect entre nous. Et on finira même par former, momentanément, des alliances.»

Rappelant que ce duel se déroule dans un «univers incroyablement friqué», l’animateur a alors demandé aux principaux intéressés: «Vous présentez un milieu d’un luxe extrême, même selon les standards hollywoodiens. Comment êtes-vous arrivés à le faire?»

«On a dépensé beaucoup d’argent», a rétorqué le producteur Foz Allan, pince-sans-rire. Plus sérieusement? «Quand on tourne une telle histoire sur la Côte d’Azur, tout est là. Les yachts, les hélicoptères, les villas. On n’a pas besoin de se déplacer bien loin pour les trouver. C’est sur place. C’est le réel.»

Reste à voir si ce «réel» rempli de drames et de croustillant captivera au-delà de la Riviera.

 

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