Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de Kendrick Lamar, Timber Timbre et Phil Moreau.

 

MAJEUR.
Kendrick Lamar
Damn
Note:

Comment suit-on des pièces maîtresses comme Good Kid, M.A.A.D City et To Pimp a Butterfly? On pensait bien sûr «vraiment bien»; on ne pensait pas «à ce point». Sur DAMN., son quatrième album studio, Kendrick Lamar offre le cœur de son DNA, ADN. À la réal, l’enrobage est cosigné ici par le British James Blake, là par les Torontois de BadBadNotGood. Sinon, Kaytranada de Montréal se pointe vocalement sur LUST, le salué Californien Thundercat revient pour une passe de basse sur FEEL et la collaboration point d’interrogation avec U2 s’avère bien loin du «hein?» annoncé. À 29 ans, le rappeur de Compton est dans son ELEMENT. Dans sa livraison foudroyante et ses textes impecs, il raconte des histoires personnelles, l’histoire de l’Amérique. Il se souvient des années passées avant d’arriver au sommet, demande de rester HUMBLE, dit son désir de voir, enfin, autre chose que du Photoshop et du faux. Sur PRIDE, il note l’amour qui tue, l’orgueil qui démolit. Oui, réellement : DAMN.

– Natalia Wysocka

Un peu statique
Timber Timbre
Sincerely, Future Pollution
Note:

Les quelques pièces d’ouverture de Sincerely, Future Pollution laissent immédiatement présager un Timber Timbre plus vigoureux que sur le contemplatif Hot Dreams, paru en 2014. La sinistrement bluesy Grifting, entre autres, rappelle le rock aussi entraînant qu’inquiétant qui nous avait ensorcelé il y a six ans sur Creep On Creepin’ On.
Le sixième album de la formation canadienne sombre toutefois rapidement dans une sorte de transe statique, pleine de bruit mais sans direction apparente.
Très réussie, l’ambiance cauchemardesque, faite d’innombrables strates de claviers, rachète par-ci par-là le manque d’énergie global. Dans les meilleurs moments, on se croirait transporté dans la scène-clé d’un film de science-fiction des années 1980 où le personnage principal marche sous la pluie, de nuit, au son d’une version de Pornography chantée par Robbie Robertson. Quand même.

– Maxime Huard

Folk rugueux
Phil Moreau
Gros temps
Note:

Gagnant du Prix pour la qualité de la langue française à Petite-Vallée en 2012, l’Abitibien Phil Moreau est de retour avec un EP de cinq chansons, deux ans après la sortie de son premier album. Ancien métalleux, l’auteur-compositeur-interprète a conservé dans ses textes et sa voix un côté abrasif qui évoque Dany Placard ou Fred Fortin. Très dépouillée dans sa réalisation, cette galette nous donne l’impression de nous glisser aux côtés de Moreau et de sa guitare un peu désaccordée pour un jam dans son chalet (tout le monde a un chalet en Abitibi, non?). Moreau est capable d’humour, comme dans Quinze onces de gin, l’histoire de «Mario, son ami travelo», mais aussi de ballades plus senties, comme l’excellente Ce que j’aime le plus, c’est ce que je ne vois pas. Sa poésie, parfois abstraite, parfois imagée, est surprenante. Malheureusement, l’échantillon est un peu mince pour saisir toute la profondeur de son univers. On en prendrait plus!

– Benoit Valois-Nadeau

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