Mehdi Benboubakeur/collaboration spéciale Bonbon Kojak et Félix Noé du collectif Moonshine testent la Reactable, qui produit des sons selon les formes et les objets posés dessus.

C’est la création musicale à partir de mouvement (musicmotion) qui sera à l’honneur mercredi soir à la SAT pour Solstice17, le spectacle de clôture du Printemps numérique.

«C’est un amalgame sonore d’artistes d’ici et de technologie, mais il y a aussi de la danse et du théâtre», explique le directeur artistique du spectacle, Olivier Lalonde.

Plusieurs groupes musicaux se succéderont sur scène, dont Eman, Vlooper et KNLO d’Alaclair Ensemble et le collectif Moonshine, et ceux-ci useront de technologies musicales liées au mouvement. «Il y a, entre autres, la Reactable. C’est une table musicale qui ressemble à un gros iPad. On peut y déposer des objets, des formes, pour produire du son, indique M. Lalonde. Il y a une veste technologique créée par Polytechnique et l’Université de Montréal. Cette veste détecte les mouvements du chef d’orchestre. Un objectif, dans le futur, est de pouvoir diriger un orchestre à Londres, mais de Montréal.» Un synthétiseur utilisant les micro-mouvements de la main pour produire des sons sera aussi présenté.

Les technologies musicales utilisant le mouvement ne sont pas que des outils sortis d’un autre monde pour permettre la création de musique contemporaine, soutient Olivier Lalonde, qui a fondé récemment l’Alliance Musicmotion pour mettre en contact «des artistes du monde numérique avec des musiciens plus traditionnels». N’importe qui peut soumettre un projet via la plateforme web de l’Alliance.

«Notre rôle, c’est de démocratiser ces technologies pour que les artistes les connaissent, mais qu’elles puissent aussi être utilisées dans la santé et l’éducation», dit-il.

Dans le cadre de sa maîtrise, Olivier Lalonde a d’ailleurs utilisé la Reactable afin de permettre à des enfants autistes de quatre à sept ans de faire de la création musicale avec des sons d’animaux et des ambiances sonores. «Un des avantages des nouvelles technologies musicales, c’est qu’elles sont personnalisables, juge-t-il. Pour une clientèle handicapée ou des autistes, on peut décider de mettre tel son ou telle couleur. Pour des enfants autistes, par exemple, un rouge trop foncé peut les faire débarquer.» Le fait que ces technologies soient simples d’utilisation permet de rejoindre facilement les enfants. «En très peu de temps, on a remarqué une progression dans l’interaction avec l’objet», assure-t-il.

C’est aussi le cas de l’application pour iPad Fonophone, créée à Montréal, qui est utilisée dans les écoles primaires et secondaires. «Ça génère de la musique. Ça a été conçu pour que ce soit facile, pour que la courbe d’apprentissage soit rapide. Mais nous allons l’utiliser plus pour de la performance [dans le spectacle]», souligne Olivier Lalonde.

En santé
Les technologies de musicmotion peuvent également servir dans le domaine de la santé. «Pour quelqu’un qui a le Parkinson, le fait de marcher au rythme de la musique diminue le nombre de chutes parce que la cadence est plus régulière», indique Olivier Lalonde.

«Une application qui peut détecter le mouvement de la personne et générer une musique en conséquence peut stabiliser sa marche et ainsi lui éviter des blessures», poursuit-il.

Solstice17
À la SAT
Mercredi à 21 h

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