Les films Séville Justin Leyrolles-Bouchard et Roy Dupuis

Francis Leclerc revisite le répertoire de son père Félix en adaptant son légendaire Pieds nus dans l’aube.

Cela fait plusieurs années que Francis Leclerc envisageait de transposer au cinéma ce roman culte qui a été publié en 1946. Il attendait d’être prêt, d’avoir tourné suffisamment pour ne plus être appelé le «fils de». «Ça fait un bien fou de rentrer dans une œuvre de mon père, de la donner au monde», confie le cinéaste, soulagé, lors de notre rencontre dans un café littéraire de Villeray.

Pour son porte-bonheur Roy Dupuis, qui le suit depuis Mémoires affectives, sa présence était essentielle au projet. «Si ça n’avait pas été Francis qui avait réalisé cette histoire-là, je ne l’aurais probablement pas fait», avoue le populaire comédien, qui s’est fait offrir le rôle du père de Félix Leclerc le jour de son anniversaire.

Devant la tâche de travail, le réalisateur s’est adjoint les services de Fred Pellerin pour l’épauler au scénario. Deux têtes valent mieux qu’une, comme le dit l’adage, surtout si «l’autre personne te relance, te met au défi et te critique, fait remarquer le metteur en scène. Le film est meilleur avec Fred que sans.»

Il ne faut toutefois pas s’attendre à un long métrage sur l’artiste ou à un simple biopic. Il s’agit plutôt d’un récit initiatique sur un garçon de 
12 ans prénommé Félix 
(Justin Leyrolles-Bouchard) qui va découvrir le monde qui l’entoure. Une œuvre simple et douce dans la lignée du précédent Un été sans point ni coup sûr de son créateur.

«C’est ma vision bien personnelle de ce que mon père aurait été, laisse savoir son fiston. Je pense que j’aurais été ami avec ce gars-là.»
Évoluant entre les deux grandes guerres dans un Québec en quête d’émancipation, le jeune héros francophone est d’ailleurs un des rares personnages à apporter des nuances à sa relation avec ses voisins anglophones. «Je trouve que, des fois, la vision de mon père des Anglais était trop noire, avoue celui qui s’est fait un nom au cinéma en 2001 avec Une jeune fille à la fenêtre. J’ai ajouté un peu de blanc pour rendre ça plus gris. Pour adoucir cette espèce de haine automatique qu’il y avait dans les années 1930 et 1940.»

«Il y a quelque chose de libérateur de pouvoir enfin parler de mon père sans aucune gêne.» –Francis Leclerc, réalisateur 
de Pieds nus dans l’aube

Un autre type d’homme
Porte-étendard par excellence du cinéma québécois, Roy Dupuis incarne dans Pieds nus dans l’aube le père du jeune Félix Leclerc. Une figure paternelle comme on souhaite tous en avoir une et qui apporte un vent de fraîcheur.

«Il me semble qu’il n’y a pas beaucoup de rôles d’hommes sains, solides et patients dans notre cinématographie, fait remarquer l’expérimenté acteur. On a beaucoup d’hommes faibles, alcoolos, qui trompent leur femme ou qui la battent, qui sont troublés… Bizarrement, je pense que je ne me suis jamais vu aussi masculin.»

Pieds nus dans l’aube
En salle le vendredi 27 octobre

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