/ AZ films Au revoir là-haut prendra l’affiche vendredi prochain.

Nahuel Pérez Biscayart se bat pour exister dans Au revoir là-haut, le dernier film d’Albert Dupontel.

2017 aura été l’année de Nahuel Pérez Biscayart. Après avoir prêté ses traits à un homme atteint du sida dans la brillante fresque 120 battements par minute, il campe, dans Au revoir là-haut, une nouvelle victime qui essaye de trouver sa voie dans une société indifférente à sa souffrance.

Ce soldat défiguré lors de la Première Guerre mondiale et déclaré mort se cache derrière une multitude de masques afin de se raccrocher au monde des vivants.

«C’est comme si mon personnage était fait de plusieurs personnages, explique en entrevue Nahuel Pérez Biscayart, rencontré lors de son récent passage à Montréal à Cinemania, où le film s’est mérité le Prix du public. J’étais toujours anxieux de découvrir le masque suivant, parce que ça allait m’apporter la nature du personnage que j’allais incarner. Je recevais le masque, je le mettais et j’improvisais un peu pour voir ce que le masque proposait. Ce n’était pas juste ma création, mais la rencontre entre ce que j’avais à interpréter et le travail de la conceptrice.»

«J’en ai toujours un peu marre de cette idéalisation du visage, alors que tout passe par le regard, par les mots, par la parole tout le temps.»  Nahuel Pérez Biscayart, qui trouvait le défi excitant et libérateur d’incarner un personnage dont le visage a été détruit.

Adapté du roman de Pierre Lemaitre, prix Goncourt 2013, Au revoir là-haut foisonne de thèmes (comme le patriotisme), s’intéressant notamment à une émouvante histoire filiale entre l’homme sans visage et son paternel (Niels Arestrup). Une relation métaphorique qui peut prendre une dimension politique, alors que le fils (la jeunesse) a été sacrifié par son père (la France).

«C’est une génération qui a été condamnée à mort, rappelle le comédien argentin, qu’on a pu voir aux côtés de Monia Chokri dans le long métrage Je suis à toi. Les plus pauvres subissent la guerre, alors qu’une élite s’enrichit. La jeunesse est l’avenir du monde. Mais on ne pense pas trop à ça, parce qu’on est tellement dans le présent et qu’on se fout du lendemain.»

Survivants
Vétérans de guerre vivant sans argent, sans emploi ou sans reconnaissance, les héros du film Au revoir là-haut n’hésitent pas à perpétrer des escroqueries en promettant des monuments aux morts sans jamais livrer la marchandise. «C’est un acte politique très fort de dénoncer ce qui est insensé de l’après-guerre, énonce l’acteur Nahuel Pérez Biscayart. On glorifie tellement les morts que c’est comme si tout le monde voulait être martyr de guerre. Les gens qui ont survécu, personne ne s’en occupe, parce que ce sont des gens qui peuvent raconter les atrocités créent par la guerre… Je trouve assez courageux, assez géniale cette décision de monter cette arnaque pour démontrer à quel point la société est vraiment endormie, vraiment à côté de ce qui est important.»

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