Bruno Guérin/collaboration spéciale Les comédiennes s’échangent continuellement les rôles de la pièce et les colorent à leur façon, le temps d’une scène.

Cette semaine, Métro craque pour le spectacle La déesse 
des mouches à feu, Henri de ses décors, Les véhicules d’urgence, Reste encore un peu, la prog 
au Parc, Dansen i Os au FIFA et First Team: Juventus.

1. La déesse 
des mouches à feu
Elles sont 11 adolescentes sur scène. Ensemble elles jouent 
Catherine, qui, l’année de ses 14 ans, vit une foule de nouvelles émotions et cumule les premières fois. Mais elles interprètent aussi la mère de Catherine, son père, sa meilleure amie Marie-Ève et son premier amour, Keven. L’adaptation théâtrale du roman de Geneviève Pettersen nous raconte une histoire de sexe et de drogue sans tabou, avec l’intensité, l’insolence et le sarcasme qui caractérisent l’adolescence. Et avec des expressions tout droit sorties des années 1990, la génération Y ne pourra s’empêcher de sourire. La mise en scène d’Alix Dufresne et de Patrice Dubois, élaborée de concert avec les jeunes comédiennes bourrées de talent, capture aussi l’énergie de cette jeunesse. Jusqu’au 31 mars au 
Théâtre de Quat’Sous. – Carine Touma

2. Henri de ses décors
Pour son premier récit en prose, la poétesse Laurance Ouellet Tremblay se glisse dans la peau du mystérieux Henri, décorateur de théâtre de son état. Avec la même énergie qu’il met à créer minutieusement ses décors (uniquement en papier journal, svp!), ce solitaire excentrique observe ceux qui l’entourent avec un mélange de méfiance et d’envie. Il dissèque, analyse et suppute, jusqu’à (littéralement) se creuser la tête lui-même. Un court récit déstabilisant, mais porté par une plume parfaitement maîtrisée. Aux éditions La Peuplade. 
– Benoit Valois-Nadeau

3. Les véhicules d’urgence
Il faut être parent d’un petit garçon passionné de camions de toutes sortes pour prendre la mesure du manque d’ouvrages québécois sur le sujet. Certes, plusieurs livres édités en France sont bien faits, mais ils ne présentent pas les spécificités d’ici dans le vocabulaire qu’on utilise de ce côté-ci de l’Atlantique. C’est pourquoi ce nouveau titre des éditions Auzou nous a interpellée. On aime autant les textes simples décrivant avec justesse 
24 véhicules d’urgence que les grandes photos qui les accompagnent. Sans oublier son format plastifié, bien résistant entre 
les 
petites mains curieuses. Le principal intéressé est comblé! 
– Jessica Dostie

4. Reste encore un peu
Vraiment poignant, le premier roman d’une grande sensibilité de Perrine Madern nous habite longtemps après qu’on l’a terminé. Sa prose mélancolique parle d’amour et d’amitié, mais aussi de deuil et de souffrance. Impossible de ne pas s’attacher à la fragile Loue, 25 ans, un personnage irrémédiablement marqué par un chagrin d’amour et dont la douleur s’avère beaucoup plus profonde qu’il n’y paraît de prime abord. C’est ce qu’on découvre page après page. «C’est moi. C’est juste moi. Je savais que je ne devais pas m’attacher. Je le savais depuis le début.» En librairie aux Éd. au Carré. – Jessica Dostie

5. La prog 
au Parc
On adore le Cinéma du Parc pour l’amour du 7e art qu’ont ses employés et pour sa programmation originale, qui suit l’actualité. Plus précisément, dans ce cas-ci, qui suit les résultats des derniers Oscars. Ainsi, même si le film couronné cette année, The Shape of Water, ne nous a pas fait craquer (notamment en raison de son scénario, mince comme un filet d’eau), on souligne l’ajout des nombreuses séances qu’a fait le Parc de ce long métrage cette semaine. Des séances qui permettront à ceux ayant manqué le récit fantastique de l’également oscarisé Guillermo del Toro de se rattraper. (Et d’être légèrement déçus. Ou 
complètement soufflés. 
La critique est divisée.) À noter aussi: Phantom Thread, porté par ses costumes encensés (et Daniel Day-Lewis), y est également 
à l’affiche. – Natalia Wysocka

6. Dansen i Os au FIFA
Six ballerines de 14 et 
15 ans du Ballet Royal du Danemark sont invitées en Chine pour collaborer, le temps d’un spectacle, avec des élèves de l’Académie de danse de Beijing. Pendant des jours, elles se préparent à cette aventure, épaulées par Ann Crosset, leur professeure passionnée. On dit bien «épaulées» et non «entraînées», car l’approche de leur compagnie, la Kompagni B, veut que ce soient elles, les ados, qui amènent des idées, qui créent des chorégraphies et qui dirigent leurs pairs. Suivant la méthode d’Auguste Bournonville, chorégraphe danois du XIXe siècle, ces danseuses en herbe ou, plutôt, comme le répète souvent l’enseignante, ces artistes sont formées certes en technique et en interprétation, mais surtout en émotions. Elles sont appelées à sonder leur cœur, à exprimer leurs malaises et à dire leur désir de sortir de leur coquille. À oser «ne pas être tout le temps jolies». À «utiliser la danse comme un journal intime». Un beau moyen métrage, doux, sensible, intimiste. À voir au FIFA le 17 mars. – Natalia Wysocka

7. First Team: Juventus
«Du nord au sud, tout le monde adore la Juventus, sauf s’ils la haïssent», entend-on dans le deuxième des trois premiers épisodes de la série-réalité de Netflix, qui propose une plongée convenue mais inédite dans les coulisses du club italien de 120 ans pour cette saison 2017-2018. Si First Team: Juventus ne révolutionne pas le documentaire et malgré quelques traductions italien-français douteuses, elle propose quelques instants sympas pour le fan de soccer, entre secrets tactiques et quotidien familial des footballeurs – mention spéciale à cette séquence où un joueur raconte l’importance du moka… savoureux cliché! Et que dire du légendaire Gigi Buffon, star d’une scène marquante, quand il évoque les bienfaits de pleurer, et qui ajoute une pincée de thriller à la série avec l’incertitude sur la suite de sa carrière, lui le gardien de 40 ans. – Baptiste Barbe

Et on se désole pour…

La maudite motomarine
C’était censé être l’édition de tous les changements. Une édition inspirée, remplie de discours enlevants. Une édition dont on se souviendrait longtemps. Pourtant, la 90e cérémonie des Oscars a été l’une des plus fades que l’on ait vue depuis longtemps. Comment se fait-il qu’en cette année où les langues se sont déliées (au sujet de Weinstein, au sujet des manigances hollywoodiennes, au sujet de tout ce système pourri de l’intérieur), soudain, plus personne, ou presque, dans le gratin cinématographique n’avait quelque chose de percutant à dire au micro? Serait-ce dû… à la foutue motomarine promise par Jimmy Kimmel au gagnant qui prononcerait le discours le plus court de la soirée? (36 secondes top chrono pour le vainqueur.) Sans vouloir sombrer dans les théories conspirationnistes, comment se fait-il qu’en cette année où il y a tant à dire et à dénoncer, on récompense par hasard, et grassement à part de ça, celui qui parle le moins? – Natalia Wysocka

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