Josie Desmarais/Métro Maintenant demain, le nouveau spectacle de Luc Langevin, sera présenté mercredi et jeudi à la Place des Arts

«Tout le monde sait que la magie n’existe pas.» C’est sur cette déclaration que Luc Langevin commence son nouveau livre, La science de l’illusion, dans lequel il décrypte son art grâce à des concepts scientifiques. Mais on a bien de la difficulté à croire qu’il n’y ait pas, ne serait-ce qu’une once, de magie dans ce qu’il fait…

«Dans mes rêves les plus fous, j’espérais me rendre là, mais je ne pensais pas y arriver en si peu de temps», déclare le magicien, qui fête cette année ses 10 ans de carrière. Dans la dernière décennie, Luc Langevin a animé Comme par magie, Aux limites de l’illusion, Défier la magie, ainsi que plusieurs émissions spéciales avec des artistes d’ici et des documentaires. Il a aussi monté son premier spectacle en salle et sorti trois jeux de société. Ouf. «Quand je regarde tout ça, je me dis que j’ai été productif!» dit-il en rigolant. (Et il veut nous faire croire qu’il n’y a pas de magie là-dedans? En tout cas…)

En 2018, question d’être aussi occupé que dans les dernières années, le magicien lance un deuxième spectacle en salle, Maintenant demain, ainsi qu’un premier bouquin. Le but de ce livre? «Je voulais lever le voile sur certains phénomènes physiques que j’utilise. Je trouvais que ces méthodes ou ces phénomènes étaient quasiment plus intéressants que les tours que je fais avec.» Ce faisant, Luc Langevin voulait donner ses lettres de noblesse à la magie afin que les gens comprennent que «ce n’est pas que des clowneries pour amuser les enfants», c’est un art.

«Comme je l’explique dans le livre, j’avais vraiment beaucoup de questions existentielles quand j’étais jeune et je ne trouvais pas de réponse dans la philosophie, dans la religion. C’est vraiment la science qui m’apportait les réponses les plus crédibles, parce que c’était basé sur du concret, des observations.» C’est pour cela que la science prend beaucoup de place dans ce livre. Ce dernier pourrait d’ailleurs donner une bonne dose de motivation aux jeunes qui ont des aptitudes pour les sciences, mais qui ne savent pas quoi faire de cette passion.

«Oui, il existe de la vraie magie, mais elle est dans nos têtes.» – Luc Langevin

Luc Langevin a été un adolescent «très isolé», comme il le raconte dans les premières pages de son livre. «Quand tu tripes sur la science, quand tu es jeune, tu as un peu l’étiquette de nerd qu’on te colle à la peau. Ce n’était pas cool d’aimer la science, se souvient-il. Je veux surtout que des jeunes qui sont peut-être dans la même situation que moi sentent qu’ils ont leur place en lisant [mon livre].»

Il se désole d’ailleurs de la façon dont est parfois présentée la science aux jeunes. «On leur présente ça comme une matière scolaire qui est très académique, alors que je fais léviter des objets grâce à la science! C’est l’fun!» Au final, il doit beaucoup à la science. «C’est ce qui m’a permis de percer dans le milieu, de créer de nouvelles illusions, de les présenter de façon différente.»

La science lui a aussi permis d’expliquer ses illusions. (Oui, il est conscient que ce ne sont pas tous les magiciens qui seraient d’accord avec lui!) En effet, Luc Langevin s’est mis à révéler ses trucs au fil des années, notamment dans ses jeux, chose que plusieurs ont remise en question. Mais il y a une explication: «Pour moi, [ça fait] partie de la performance. Parfois, pour apprécier quelque chose, faut en connaître les dessous.»

Il poursuit : «Je me suis dit que si je donne l’illusion qu’il y a une science très évoluée derrière mes tours, que je présente ça comme une expérience de physique quantique, au lieu de présenter ça comme de la magie avec un petit lutin dans ma poche qui met de la poudre de perlimpinpin, c’est comme une espèce de magie, mais pour adultes.»

Selon lui, ses fans sont encore plus en mesure d’apprécier les tours qui leur sont présentés parce qu’ils se rendent compte de tous les efforts derrière une prestation. «Je ne pense pas que ces explications-là dévalorisent mon travail, elles le rehaussent», explique-t-il, confiant.

Que veut-il faire de sa magie, maintenant qu’il a fait de la télé, des spectacles, des jeux et un livre, et qu’il a «à peu près réalisé tous ses rêves d’enfance»? Luc Langevin a plus d’un tour dans son sac. «De la magie en réalité virtuelle, ça m’intéresse. [Tester] le marché anglophone, éventuellement. Peut-être faire un spectacle muet avec lequel je pourrais faire le tour de la planète, pourquoi pas?» En plus de tout ça, il essaie de plus en plus de trouver de nouveaux concepts télé en partenariat avec d’autres magiciens.

«La magie de l’illusion, c’est sous-utilisé dans notre société. Comme personne ne l’utilise, moi je vois le potentiel. Si personne ne le fait, moi je vais le faire.» Ça sonne comme une formule magique, tout ça…

Magie ou illusion?
On présente souvent Luc Langevin comme un magicien et/ou un illusionniste. Mais quel terme est le plus juste?

«C’est de la sémantique, déclare le principal intéressé. C’est vrai que je préfère le mot “illusion”. Plus souvent qu’autrement, j’utilise le mot “illusion” parce que c’est plus exact. Je ne fais pas de la véritable magie. […] Si je voulais être très rigoureux, j’utiliserais toujours le mot “illusion”, mais ça fait un peu plus rêver de dire que je fais de la magie.»

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