CBC Jian Ghomeshi

L’animateur Jian Ghomeshi revisite sa passion pour la discographie des eighties dans son captivant livre 1982.

En 1982, Michael Jackson a lancé Thriller, le Canada a rapatrié sa Constitution et le Commodore 64 a vu le jour. C’est aussi l’année où un jeune ado londonien timide, nouvellement installé en banlieue de Toronto, a développé une passion pour le New Wave et adopté l’incontournable attirail eighties : eye-liner, gel pour les cheveux et bottes noires pointues.

Ledit musicien en devenir était nul autre que Jian Ghomeshi, aujourd’hui journaliste et producteur à la barre de la très populaire quotidienne Q, sur les ondes de CBC Radio One. Le musicien accompli, qui a fait ses preuves au sein du groupe folk-rock Moxy Früvous, vient de publier, aux éditions Penguin, 1982, une œuvre fascinante dans laquelle il relate sa crise d’adolescence sur fond de musique New Wave.

Puisque Ghomeshi est un mélomane, il allait de soi que le livre ne corresponde pas aux mémoires traditionnels, mais s’inspire plutôt de ses héros littéraires, tels Nick Hornby et David Byrne.

L’auteur décline son récit en chapitres ayant comme thèmes des chansons et des courants musicaux qui l’ont marqué. De The Clash à David Bowie (l’idole incontestée qu’il voulait copier à tout prix), 1982 raconte comment un fils d’immigrants iraniens évoluant dans un milieu conservateur découvre la musique et en fait un exutoire, alors qu’il cherche à se faire accepter de la clique des «cools» et se faire remarquer par la fille de ses rêves. Tout ça alors que la révolution islamique en Iran fait la une des journaux.

Lorsqu’on joint Ghomeshi au téléphone, il est fébrile et avoue avec une certaine gêne que, 30 ans plus tard, il se reconnaît encore dans cet ado réservé s’étant frayé un chemin en art dramatique au sein d’une école de Thornhill où régnait l’homogénéité.

«Je serais insolent si j’affirmais que je me sens encore comme un marginal, un outsider, alors que j’ai une émission qui trône en tête de classement et que ma carrière va bien, remarque Ghomeshi. Mais ce sentiment ne disparaît jamais non plus… Le livre dévoile, avec un brin d’humour et d’autodérision je l’espère, que j’étais peu sûr de moi-même et très vulnérable à 14 ans. Que je tentais désespérément de me faire accepter. Ce petit gars existe encore, même s’il a davantage confiance en lui aujourd’hui!»

Celui qui a en quelque sorte redoré le blason du diffuseur public en lui conférant une image plus jeune et émergente a, au fil des ans, reçu énormément d’artistes québécois à Q, une émission qui s’avère souvent être le premier tremplin en terre médiatique anglophone pour plusieurs de nos artisans. Chose qui ne surprend guère lorsqu’on sait combien Ghomeshi affectionne la métropole québécoise.

Après s’être exilé à Los Angeles et à Montréal quelque temps pour rédiger son livre, Ghomeshi a accepté l’invitation de la librairie Drawn & Quarterly pour s’entretenir avec le public montréalais et présenter certains extraits du livre demain. Il consacre d’ailleurs quelques paragraphes de 1982 à la fascination qu’il a éprouvée pour Montréal quand il est arrivé au pays.

«Notre premier voyage en famille après avoir déménagé au pays était à Montréal, se souvient-il. C’était en 1976, pendant la Saint-Jean-Baptiste, alors que mes connaissances en matière de politique québécoise étaient nulles! J’ai pu voir la première vague de jeunes s’identifiant fortement au mouvement du Parti québécois et de la souveraineté, qui battait son plein. J’ai toujours vu Montréal comme un endroit unique… et mythique.»

1982 : Une soirée avec Jian Ghomeshi
Mercredi à 20 h

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