Josie Desmarais/Métro

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a délaissé le temps d’une soirée le va-et-viens politique pour la scène humoristique montréalaise, alors qu’il a participé mardi à une entrevue animée par l’humoriste Marie-Lyne Joncas au Monument National. Une soirée qui promettait d’être plutôt gênante a finalement été en partie sauvée par la répartie habile de l’animatrice.

«On ne parlera pas de politique», a averti Mme Joncas dès son arrivée sur scène. Comme prévu, la soirée a plutôt tourné autour de la vie de M. Couillard, de son enfance, de son CV pré-politique. Un entretien plus cocasse donc, hormis quelques questions politiques en toute fin de spectacle, qui n’étaient pas du cru de l’humoriste, a-t-elle avoué.

L’animatrice qui, de son propre avis, n’y connait rien à la politique ou à la pêche, au contraire de son invité, a décidé pour l’occasion de miser sur ses forces. Peu après avoir accueilli le «président du Québec» sur scène, la moitié du duo des Grandes Crues lui a servi un verre de vin. «C’est quand la dernière fois que vous avez été pompette?», a-t-elle demandé. Le ton était fixé.

Entre sa nervosité peu dissimulée – jouée ou non –, son hésitation à tutoyer M. Couillard et ses interactions fréquentes avec le public, l’humoriste a bien su gérer l’heure de spectacle qui lui était allouée. Elle a aussi parié sur son humour corporel et ses réactions excessives pour mettre l’homme d’état à son aise.

Après que Mme Joncas eut demandé à son invité s’il avait fait des mauvais coups étant petit, M. Couillard a répondu «[qu’il avait fait] un petit feu dans la ruelle». «Oupelaï, y’est fou», a-t-elle répondu, feignant la stupéfaction et désamorçant du même coup la situation.

«J’ai beaucoup d’admiration pour les gens qui sont capables de faire rire le monde, mais je ne les trouve pas tous drôles, a-t-il précisé après le spectacle. Je regarderais vraiment quel est le format. Une formule comme ça j’ai beaucoup apprécié.»

Autres moments marquants: lorsque Mme Joncas a interrogé le premier ministre sur les réseaux sociaux ou lorsqu’elle a contacté l’animatrice Kim Rusk par vidéo-conférence. C’est à cet instant que le premier ministre a semblé le plus sorti de son élément. L’ambiance a du même coup atteint une ironie comique dont la soirée aurait bénéficié plus souvent.

Peut-être par respect ou par gêne, l’animatrice a souvent refusé d’aborder des sujets politiques, décidant plutôt de laisser le premier ministre raconter sa jeunesse, sa carrière de médecin et sa vie amoureuse avec sa conjointe, Suzanne Pilote.

« La politique c’est comme la médecine, a comparé l’ancien neurochirurgien. Et la famille du patient n’est souvent pas contente. »

D’un premier ministre habituellement calculé, les spectateurs ont obtenu un homme un peu plus ouvert. M. Couillard a bien tenté de faire aller ses talents humoristiques à quelques reprises, s’adressant directement au public, mais c’est plutôt l’animation qui a suscité l’hilarité du public.

Quelques échanges ont toutefois mené à des moments de flottement ou à des rires nerveux de la part de l’homme politique dans une soirée qui a semblé plus informatrice qu’humoristique.

Interrogé en mêlée de presse à savoir s’il répéterait l’expérience avec d’autres humoristes, M. Couillard s’est montré ouvert, mais pas à tout prix.

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