Josie Desmarais

Le collectif SLAV Résistance, qui milite depuis la première représentation de la pièce de théâtre SLAV pour dénoncer le racisme de celle-ci, réclame des actions pour qu’il y ait une plus grande diversité dans le milieu de la culture.

«SLAV a été le cataclysme d’une conversation sur la race, le racisme, l’appropriation culturelle et le privilège blanc qui rend les gens mal à l’aise, mais qui doit exister», ont indiqué mercredi les membres du collectif, tous des artistes ou des personnes issues du milieu culturel. «Il est normal d’être mal à l’aise, ont-ils poursuivi, c’est un signe que les pensées et les comportements problématiques sont remis en question».

Cette remise en question doit maintenant passer par des actes, ont-ils demandé, à commencer par des excuses du Théâtre du Nouveau Monde (TNM), diffuseur du spectacle controversé qui a, selon eux, une responsabilité dans cette affaire, même s’il n’est pas impliqué dans la production de la pièce. Ils ont dénoncé le manque de diversité au sein de l’institution. «Nous demandons au TNM d’engager des auteurs, metteurs en scène et acteurs noirs, en plus de présenter des spectacles produits et développés par ces personnes».

«Le TNM est sensible aux réactions qui ont été exprimées, a fait savoir l’institution théâtrale la semaine dernière à la suite de l’annonce du retrait de SLAV de sa programmation. Bien que l’annulation soit un échec pour l’acte créateur, il aura permis de débattre sur la place publique un important enjeu de notre société.»

Le TNM avait indiqué qu’il ne fera pas d’autres commentaires.

Le comité SLAV Résistance souhaite aussi que le Festival de Jazz se remette en question et procède à une consultation à l’interne pour mettre en œuvre «une politique d’équité avec des cibles spécifiques pour les artistes noirs, autochtones et d’autres communautés de couleurs», afin de favoriser la diversité au sein d’instances décisionnelles, mais aussi dans la programmation.

Samedi dernier, en conférence de presse, le Festival de Jazz avait justifié sa décision d’annuler le spectacle SLAV, en affirmant qu’il ne s’agissait pas de censure, mais que la décision avait été prise à la suite de la blessure de la chanteuse Betty Bonifassi, ainsi que pour des raisons de sécurité.

Une décision saluée par le collectif, qui a rencontré l’Équipe Spectra, à l’origine de de l’organisation du Festival de Jazz. Une rencontre «constructive», «une première étape», ont-ils dit, qui devra se renouveler pour aboutir à des actions concrètes.

«Nous, ce qu’on veut faire, c’est qu’on parle du futur, de la communauté culturelle québécoise. Ça représente les communautés de couleurs, et c’est vrai que de s’engager à avoir cette écoute et surtout reconnaître le fait qu’on n’a pas assez écouté, ça prend énormément de courage et c’est la bonne chose à faire en fait», a salué le rappeur Lucas Charlie Rose, membre du collectif, en direction de l’Équipe Spectra.

Le collectif a aussi exhorté les médias à faire entendre davantage de voix issues de la diversité, autant dans le choix des intervenants que dans leur recrutement de journalistes. «L’absence de représentation de journalistes racisés et autochtones affecte la couverture médiatique de spectacles, tels que SLAV, ainsi qu’à la manière dont on adresse les critiques offertes contre la pièce», ont-ils ajouté.

Le pièce SLAV sera joué à Saint-Jérôme, Sherbrook et Drummondville à l’hiver prochain 2019.

 

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