Collaboration spéciale Plusieurs photos d’archives (dont celle-ci) et divers documents du passé permettent de retracer l’histoire des luttes sociales de 5 mouvements au cours des 50 dernières années au Québec.

Au départ, il s’agissait d’une recherche universitaire sur l’histoire du mouvement communautaire. Mais après avoir amassé 5000 pamphlets, affiches et autres objets, l’idée de présenter le fruit de ce travail académique s’est imposée. Un immense tri plus tard, une centaine de ces traces sont présentées à l’Écomusée du fier monde dans le parcours InterReconnaissance.

En réunissant des éléments de leur recherche sous la forme d’une exposition, les chercheurs ont voulu rendre accessible au plus grand nombre les grands pans de l’histoire du mouvement communautaire au Québec.

Leur recherche s’est penchée sur les luttes de 5 minorités au cours des 50 dernières années: les immigrants, les femmes, les personnes handicapées, les personnes LGBTQ+ et celles ayant un trouble de santé mentale.

Dans un parcours qui contourne l’ancien bain Généreux du lumineux musée, ces luttes s’entremêlent en huit arrêts, chacun nommé à l’aide d’un mot-clé: marginalisation, violence, visibilité, dignité, solidarité, créativité, alternative et droits. Tous des concepts qui font partie de la réalité de ces groupes minorisés.

Comme son nom l’indique, InterReconnaissance met de l’avant le caractère intersectionnel des luttes du mouvement communautaire. Par exemple, une photo d’archives montre un regroupement de femmes immigrantes handicapées, donc victimes de trois discriminations.

«L’idée était de faire des liens entre les luttes», résume la chercheuse et professeure en histoire de l’art à l’UQAM Ève Lamoureux, qui a accompagné Métro lors de sa visite, en compagnie du commissaire de l’exposition, Éric Giroux.

«Le mouvement communautaire est fondé sur l’idée de faire autrement.» -Ève Lamoureux, chercheuse, au sujet des moyens originaux employés par les groupes et organismes pour revendiquer leurs droits

Dans chacun de ces huit espaces se trouvent quelques affiches, des œuvres, des documents d’organismes, des citations et des témoignages vidéo des acteurs de ces mouvements. Le tout montre sous divers angles les luttes qu’ils ont menées. «Le contenu est tellement riche, il fallait équilibrer le tout», explique Éric Giroux.

Certains artefacts sautent aux yeux. C’est le cas notamment d’un veston coloré conçu par les Impatients dans le cadre de la pièce L’asile de la pureté, écrite par Claude Gauvreau, d’un quiz sur le féminisme présenté sous la forme d’un jeu de société conçu par des syndicats ou encore de l’œuvre Filet social, immense toile remplie d’objets, créée par des membres de l’organisme en santé mentale Action Autonomie en partenariat avec le Musée des beaux-arts de Montréal. 

À mi-parcours, une «note de bas de page» s’ajoute à l’exposition. Dans un petit local au fond de l’Écomusée du fier monde, des documentaires sont projetés et une immense ligne du temps des luttes est affichée.

En parcourant l’exposition, on constate que bien du chemin a été accompli en un demi-siècle. «Il y a eu des gains importants, soutient Ève Lamoureux, mais ils sont toujours menacés. Aucun des cinq secteurs abordés dans le cadre de cette recherche ne se sent 100% en sécurité. Ça demande une vigilance constante.»

L’exposition InterReconnaissance est présentée jusqu’au 3 février prochain à l’Écomusée du fier monde.

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