Raphael Ouellet Elisapie Isaac

MONTRÉAL – Pour la chanteuse inuk Élisapie Isaac, faire «Travelling Love», son deuxième album solo qui sortira mardi, a été à la fois plus facile et plus difficile que créer son premier disque, «There Will Be Stars», paru en 2009.

Plus facile sur le plan technique, puisqu’elle avait déjà l’expérience d’un premier opus solo, mais plus difficile sur le plan de la création étant donné qu’elle s’y livre plus que sur son précédent album.

«’There Will Be Stars’, c’était une réflexion sur la vie, sur ma culture, sur des choses que l’on peut partager avec beaucoup de gens», explique-t-elle en entrevue avec La Presse Canadienne. «Sur ‘Travelling Love’, je parle de sujets davantage intimes, de mon rapport à l’amour, de mes insécurités, de mes failles, et il y a eu un moment où j’ai dû me dire: j’arrête de m’autocensurer et j’y vais.»

L’assurance acquise par la jeune femme entre les deux albums se reflète dans le nombre restreint de collaborateurs ayant participé à «Travelling Love» comparativement à «There Will Be Stars», qui avait notamment bénéficié des services de Martin Léon, Antoine Gratton, Richard Desjardins et Pierre Lapointe.

«Le premier album, c’était comme un test», admet celle qui s’est lancée dans une carrière solo après avoir formé le duo Taïma avec le guitariste Alain Auger pendant six ans. «J’avais besoin d’un coup de main et ça me rassurait de savoir que les garçons étaient là. Mais cette fois-ci, j’avais mes deux musiciens et une direction claire.»

Élisapie Isaac a tout de même ressenti le besoin de faire appel à Jim Corcoran pour l’aider à finaliser les paroles de certaines des 10 chansons qui figurent sur l’opus.

«Je le connaissais surtout comme animateur et je savais que c’était quelqu’un qui prenait le soin de bien dire les choses, alors je lui ai demandé de me donner son avis sur mes textes», raconte-t-elle. «Il est arrivé à la toute fin du processus et m’a donné un petit coup de pouce pour boucler la boucle.»

«Travelling Love» a également permis à l’artiste de retravailler avec Éloi Painchaud, qui signe la réalisation de l’album avec François Lafontaine, et de s’offrir un duo avec le guitariste et auteur-compositeur Brad Barr.

Le Québec avant tout

La sortie de «There Will Be Stars» il y a trois ans a été l’occasion pour Élisapie Isaac d’aller tâter le terrain à l’extérieur du Québec. Elle a notamment fait la première partie du spectacle de Coeur de pirate à l’Olympia de Paris à l’automne 2010 et donné quelques prestations aux États-Unis au printemps 2011.

Malgré ces tentatives, la chanteuse a décidé de se concentrer pour le moment sur le public d’ici. «Le Québec, c’est très important pour moi», affirme celle qui a grandi à Salluit, au Nunavik, au sein d’une famille inuit. «J’espère vraiment pouvoir voyager avec le nouveau disque, mais je vais commencer par ici et le Canada anglais avant d’aller faire un tour chez nos amis américains et français.»

La première montréalaise du spectacle tiré de «Travelling Love» aura lieu le 27 février prochain et sera suivie d’une tournée à l’automne. Au terme de cette série de concerts, Élisapie Isaac compte bien avoir du temps pour s’attaquer aux deux documentaires qu’elle souhaite réaliser.

«Ça me brise le coeur lorsqu’on me demande quand je reviendrai au cinéma!», s’exclame celle qui a remporté le prix Claude-Jutras du meilleur espoir de l’année au Rendez-vous du cinéma québécois en 2004 pour «Si le temps le permet», qui portait sur son Nord natal. «J’ai deux pistes uniques pour parler du Nord d’une autre manière, d’un point de vue personnel mais accessible.»

Et comme Élisapie Isaac a aussi deux projets d’album en tête, les prochaines années s’annoncent fort occupées pour la belle du Nord.

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