Gorillaz, le groupe virtuel piloté par le prolifique musicien britannique Damon Albarn, a entraîné mardi soir le public du Centre Bell dans un univers coloré et surréaliste.

Né du cerveau hyperactif du chanteur londonien, aussi fondateur du groupe Blur, et de la plume du dessinateur Jamie Hewlett, Gorillaz comprend les personnages 2-D (claviers, voix), Murdoc (guitare basse), Noodle (guitare, claviers) et Russel (percussions). Gorillaz est en vérité le fruit d’un carrousel de musiciens éclectiques constamment changeant, dont Albarn est la constante et le pillier.

Au fil des albums, des vidéoclips, des films d’animation et des bandes dessinées créés par Hewlett, Gorillaz a bâti une véritable mythologie dont le thème central est la musique et que les fans les plus motivés suivent avec attention.

Albarn a lancé les festivités par un grand «HELLO, anyone there?» (ALLO, est-ce qu’il y a quelqu’un?) accentué d’énormes lettres rouges projetées sur la scène et formant les premières lignes de M1 A1, pièce issue du premier album, Gorillaz, et interprétée avec un rythme dub qu’on ne lui connaissait pas.

A suivi la chanson Tranz, tirée du plus récent album, The Now Now, sorti en juin, et accompagnée par des animations des membres fictifs du groupe issues du récent vidéoclip. Très animé, apparemment déjà réchauffé, Albarn a cherché le contact avec la foule dès les premières notes de l’introduction.

On effectue ensuite un retour dans le temps avec les classiques Last Living Souls (Demon Days, 2005) et Rhinestone Eyes (Plastic Beach, 2010), puis on se dirige vers un album plus récent, Humanz, avec Saturn Barz.

Ce tour de discographie introductif un peu étourdissant s’est terminé avec Tomorrow Comes Today et son caractéristique solo de mélodica. À ce stade, les spectateurs réunis au Centre Bell ont compris que même les chansons plutôt douces et mélancoliques de Gorillaz se transforment et prennent du tonus en spectacle. Les basses profondes, les guitares en overdrive et les percussions plus appuyées que sur les versions studio décapent le cuir chevelu et donnent le goût de se perdre dans la musique.

Débordantes de symboles, les animations qui accompagnent la prestation de Gorillaz ajoutent une dimension surréelle à la musique déjà pleine de sens. On y verra entre autres un buste de George Washington, affublé d’une coiffe d’Autochtone, décoller vers l’espace à l’aide d’un réacteur de fusée.

Avec Every Planet We Reach is Dead, Albarn redonne un coup de vernis à une pièce qui aurait pu mal veillir, tout comme avec 19/2000, alors que le musicien s’offre un bain de foule bien mérité. Le chanteur a soif de cette attention et a activement recherché le contact avec les spectateurs tout au long de sa prestation.

Après ces deux pièces chouchous, la toute nouvelle Humility a donné une saveur plus légère à la soirée avec ses sonorités tropicales et rêveuses. Si le dernier album, The Now Now, est facile à aimer, le poids émotionnel n’est pas encore là chez les fans, et ce sont encore les vieux albums qui déclenchent la plus grande ferveur de la foule.

La présence sur scène des rappeurs de De La Soul lors de Superfast Jellyfish a d’ailleurs enchanté le Centre Bell avec une prestation plutôt fidèle de cette pièce centrale de l’album Plastic Beach. En symbiose parfaite avec ce disque, Gorillaz a ensuite entamé Melancholy Hill, probablement une des mélodies les plus connues du groupe, accompagnée de scènes d’animation de Hewlett.

Un public conquis a chanté «I saw that day/Lost my mind/Lord, I’m fine/Maybe in time, you’ll want to be mine» avec Albarn pendant le refrain de El Mañana.

A suivi une enfilade de succès plus récents comme Fire Flies, qui a provoqué une marée de lumières de téléphones et de flammes de briquets, puis Strobelite (avec le chanteur Peven Everett), Andromeda et Hollywood, des pièces plus dance qui ont aidé à redonner de l’énergie à l’assistance.

Gorillaz a ensuite suscité la frénésie avec un tour du chapeau de mégaclassiques, enchaînant Stylo, Dirty Harry (avec Bootie Brown et son couplet de rap) et Feel Good Inc (encore avec De La Soul) pour couronner le spectacle.

«Thank you for travelling with us» (Merci d’avoir voyagé avec nous), a finalement lancé Damon Albarn, en rappelant que Plastic Beach, un album qui a presque 10 ans aujourd’hui, a été écrit pour parler de réchauffement climatique. Un message toujours d’actualité aujourd’hui, se désole Albarn, avant d’entamer les premières notes de la chanson du même nom, qui sonne toujours aussi bien.

Au rappel, le public, fidèle, a eu droit à la très techno Lake Zurich, puis à Latin Simone, et finalement aux bonbons: Kids with Guns, Clint Eastwood et, pour terminer dans les nuages, Don’t Get Lost in Heaven, un conseil sincèrement difficile à respecter après cet incroyable spectacle.

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