Collaboration spéciale

Cette semaine, Métro craque pour Fiel, John C. Reilly, les livres Le lambeau, Le rossignol t’empêche 
de dormir et Mon cinéma, du film Woman at War et du spectacle Machine 
de cirque.

1. Fiel
Ceci n’est pas une pièce de théâtre comme les autres. En alliant danse, acrobaties, projections vidéo, poésie et performance, Fiel aborde avec originalité et sensibilité les traumatismes entourant une agression sexuelle. Le récit, présenté de façon déconstruite et éclatée, parfois suggérée, relate l’avant, le pendant et l’après de cet événement survenu le soir du bal de finissants. Six adolescents, trois garçons et trois filles, en partagent le secret. En explorant les rapports de forces et les choix que font les personnages, la pièce aborde aussi plus largement le mal-être caractéristique de l’adolescence, le tout avec humour, évitant à Fiel de tomber dans la lourdeur. Bref, c’est une pièce fort recommandable. Marie-Lise Rousseau

2. John C. Reilly dans The Sisters Brothers
Acteur de soutien apprécié, John C. Reilly brille enfin dans un premier rôle à sa mesure dans The Sisters Brothers, du Français Jacques Audiard. Grâce à son rôle de tueur à gages sensible qui songe à se ranger, il mène une distribution quatre étoiles aux côtés de Joaquim Phoenix, de Jake Gyllenhall et de Riz Ahmed. À la fois touchant et très drôle, son duo avec Phoenix, qui interprète son frère brutal et alcoolique, restera assurément dans la mémoire des cinéphiles. Présentement en salle. 
Benoit Valois-Nadeau

3. Le lambeau
Le 7 janvier 2015, quand des terroristes font irruption dans les locaux de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, le journaliste Philippe Lançon est grièvement blessé, défiguré, mais il survit. Le voilà décrivant, presque quatre ans plus tard, ce qu’il a vécu : le bain de sang, les morts, l’hospitalisation, les greffes… Un roman fort, d’ailleurs en lice cette saison dans les premières sélections des prix Médicis et Renaudot. «Je ne sentais pas le sang, dans lequel je baignais pourtant, je n’avais même pas encore vu le mien, mais j’entendais le silence, je n’entendais même que ça.» Aux 
éditions Gallimard. 
Jessica Dostie

4. Woman at War
Armée de son arc et de quelques pinces bien acérées, une quinquagénaire mène seule une guerre contre l’industrie de l’aluminium qui défigure les paysages de son Islande chérie. Woman at War, présenté au Festival du nouveau cinéma, se veut une comédie joyeusement décalée, mais dotée d’un propos on ne peut plus pertinent. Un film qui donne un peu d’espoir en ces temps sombres pour les défenseurs de l’environnement. Dimanche 13 h au Cinéma du Parc. Sortie en salle prévue en mars 2019. Benoit 
Valois-Nadeau

5. Mon cinéma
Depuis 35 ans, le critique de cinéma Marc-André Lussier dresse chaque année la liste de ses films préférés. Dans Mon cinéma, il revient sur son palmarès des dernières décennies, tout en y ajoutant de très intéressants portraits des personnalités qui ont marqué l’évolution du septième art, de Catherine Deneuve à Xavier Dolan. Un ouvrage ludique et très utile lorsqu’on veut découvrir autre chose que les derniers navets d’Hollywood. Aux éditions La Presse. Benoit Valois-Nadeau

6. Le rossignol t’empêche 
de dormir
Ni leçon d’histoire ou de géopolitique, ni roman d’amour, le dernier livre de l’Ontarien Steven Heighton n’en est pas moins passionnant et fort bien ficelé. Il campe son récit à Chypre, où Elias Trifannis, soldat canadien traumatisé par son service en Afghanistan, a été rapatrié pour traiter ses cauchemars. Sur place, son idylle avec une journaliste turque prend fin tragiquement et il se voit forcé de se réfugier à Varosha, no man’s land qui accueille des réfugiés depuis la guerre de 1974 qui a divisé l’île. On retient surtout la grande humanité des personnages principaux, toujours capables de tendresse et de solidarité malgré les épreuves passées qui les ont meurtris. Aux éditions Mémoire d’encrier. Jessica Dostie

7. Machine 
de cirque
GÉ-NI-AL! Le spectacle des cinq artistes québécois propose un dosage parfait de OMG, de LOL et de WTF, le tout parsemé d’une bonne dose de poésie. Les numéros sont empruntés au cirque classique (jonglerie, monocycle, trapèze, planche coréenne, etc.), mais dans un style décalé et une atmosphère post-apocalyptique admirablement sonorisée. Le numéro de tout-nu avec les serviettes est savoureux et illustre bien l’esprit du spectacle : offrir un sérieux niveau d’acrobaties, sans se prendre au sérieux. À la TOHU, jusqu’à dimanche. Mathias Marchal

Et on se désole pour

Kanye West à la Maison-Blanche
Le rappeur Kanye West (ou Ye, faudrait-il dire) multiplie les frasques depuis quelque temps. Après avoir remis en question l’esclavage des Afro-Américains et la présence de racisme aux États-Unis, il a récidivé hier en prononçant un discours à la Maison-Blanche lors d’une rencontre avec le président Donald Trump. Coiffé de sa désormais indélogeable casquette Make America Great Again, le rappeur a déclaré qu’il se sent comme Superman lorsqu’il la porte, et que s’il n’a pas soutenu Hillary Clinton en 2016, c’est parce qu’il a manqué «d’énergie
 masculine» dans sa jeunesse. Vivement la fin de ce cirque. Marie-Lise Rousseau

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