Véro Boncompagni Une scène du film Le vieil âge et le rire

Y a-t-il un art pour bien vieillir? C’est ce que se demande Fernand Dansereau avec son nouveau film Le vieil âge et le rire.

Oubliez The Best Exotic Marigold Hotel, Et si on vivait tous ensemble? et Hope Springs. Avec son dernier long métrage, Fernand Dansereau se love dans le documentaire plutôt que dans la fiction, faisant appel à une multitude de personnes pour faire un état du monde de ce qu’on appelle le troisième et le quatrième âge.

Au départ, celui qui a abordé le thème de l’alzheimer dans La brunante pensait surtout parler de la nécessité de rire à tout âge pour contrer l’angoisse, la peur de la mort et de la vieillesse.

Il a tôt fait d’élargir pour y inclure la religion et la maladie. Un mélange de légèreté et de gravité qui n’était pas évident à doser.

«C’était ça, la vraie question, explique le cinéaste, qui est également professeur à l’INIS. Jusqu’où peut-on rire? Dans les moments plus difficiles, est-ce possible d’avoir encore un peu de dignité et de sérénité?»

«La séquence où le monsieur se fait changer une couche, ce sont les gardes-malades qui me l’ont proposée. Je savais que c’était une des pires séquences, que les gens ne voulaient pas voir ça. Comme on le dit dans le film, la mort ne nous fait pas trop peur, mais la dépendance, oui. Et c’est l’image ultime de la dépendance. Ils sont en train d’essuyer les fesses de l’homme et de changer sa couche. Est-ce qu’il y a moyen, là aussi, de trouver une façon de rester serein?»

Recette miracle
Peut-être bien qu’il y a moyen de trouver une façon de rester serein, avance le réalisateur, qui ferme la boucle après avoir traité de l’enfance dans son précédent documentaire, Les porteurs d’espoir. «Pour bien vieillir, il faut quatre choses. Il faut accepter sa condition, essayer de se donner un projet vital qui est en relation avec les autres, continuer à apprendre à aimer et à se laisser aimer, et aborder – de différentes façons, mais c’est inévitable – la question de la spiritualité.»

C’est justement ce que compte faire Fernand Dansereau, qui planche actuellement sur le scénario d’un film d’animation et qui aimerait bien poursuivre la réflexion de du Vieil âge et le rire dans une œuvre de fiction. Pourtant, la réalité peut le ramener à l’ordre à tout moment.

«Je me suis rendu compte après ce film-là qu’il restait beaucoup de choses à explorer, avoue-t-il. Par exemple, j’ai vécu cette année l’expérience de la douleur physique. En décembre dernier, je me suis mis à avoir des problèmes de hanche. Et ça s’est aggravé. Tellement que, vers juillet, je ne pouvais pas faire trois pas sans que ça fasse mal. Là, j’ai fait l’expérience de la douleur chronique. Ça envahit tout le corps de la confiance. Tu n’as plus de place pour réfléchir, tu penses juste à essayer d’échapper à la douleur. C’est l’expérience de beaucoup de personnes âgées de vivre dans cette douleur-là. Comment on négocie ça?»

Le vieil âge et le rire
En salle vendredi

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