Le comble de l’ironie, Yann Perreau y a goûté il y a quelques semaines sur le plateau de tournage du vidéoclip de la chanson Le président danse autrement.

Filmé à Saint-Benoît de Mirabel, en banlieue de Montréal, le clip devait permettre au chanteur de se moquer des chansons ennuyantes qui roulent continuellement à la radio.

Le concept de l’Å“uvre se résume en quelques mots : exaspérés par les banalités qui résonnent dans les haut-parleurs d’un super-marché, Yann Perreau et sa bande décident de monter le volume de leur ghetto blaster, transformant ainsi l’endroit en une gigantes­que discothèque.

«C’est un pied de nez à la morosité et à la platitude», dit l’auteur-compositeur en entrevue. À leur arrivée dans l’épicerie, quelques heures avant le début de l’enregistrement, Perreau et le reste de l’équipe de production font un pas en arrière lorsqu’ils remarquent ce qui joue dans les allées de l’établissement.

«Quand je me suis rendu compte que c’est Beau comme on s’aime que j’entendais, j’ai trouvé ça drôle, raconte le musicien. J’avais l’impression de rire de moi-même!»

Premier extrait de l’opus Un serpent sous les fleurs, paru au printemps, Beau comme on s’aime est sans l’ombre d’un doute le plus grand succès de la carrière de Yann Perreau. En lice pour le Félix de la Chanson populaire de l’année au prochain gala de l’ADISQ, le morceau accapare les ondes radiophoniques depuis près de six mois.

«C’est un peu comme si on m’enlevait mon étiquet­te d’artiste “marginal” ou “alternatif”, observe-t-il. J’entre dans la grosse soupe populaire et j’aime ça!»

Perreau fait son cinéma
C’est avec son «commando des bâtards» (un clin d’Å“il au dernier film de Quentin Tarantino), composé d’Alex McMahon aux claviers, de Martin Pelland à la basse, de George Donoso III à la guitare et de François Chauvette à la batterie, que Yann Perreau effectuera sa rentrée montréalaise au La Tulipe demain soir.

Divisé en trois parties, le concert proposera diverses ambiances cinématographi­ques, précise le chanteur. Mystérieuse, l’ouverture évoquera l’Å“uvre de David Lynch, alors que le cÅ“ur du spectacle, plus charnel et organique, rappellera les longs métrages de Jim Jarmusch. La grande finale, pour sa part, ramènera les spectateurs à la folie festive de Tarantino.

«J’entreprends chacun de mes concerts comme si c’était le dernier combat que la vie m’offrait», dit Perreau, qui croit que son intensité sur scène provient de son amour du sport.

Qu’il soit en train de jouer au hockey, de courir un mara­thon ou de fouler les planches, l’ex-leader de la formation rock Doc et les chirurgiens donne tout ce qu’il a. «Je crée un vide pour mieux le remplir, indique-t-il. C’est très animal, très instinctif.»

«Quand je vais voir un show, je veux qu’on me sorte du quotidien, ajoute-t-il. C’est la même chose pour un film ou une pièce de théâtre. Je veux qu’on me transporte!»

Yann Perreau
Au Cabaret La Tulipe
Demain soir à 20 h
En supplémentaire au Métropolis le 20 février dans le cadre du Festival Montréal en lumière


La France en 2010

Cet hiver, Yann Perreau  s’envolera vers l’Europe, où il ira présenter, à Nantes et à Paris, ses dernières compositions à différents producteurs et diffuseurs. Ce séjour sera suivi, au mois de mars, d’une tournée de deux semaines.

«Je n’ai pas d’attente, insiste l’auteur-compositeur. La France, c’est un gros marché saturé et très fragile. Ils ont peur de tout sauf de CÅ“ur de pirate en ce moment!»

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