Il est d’origine haïtienne francophone, mais il a grandi dans un environnement anglophone : Kar­ma Atchykah est un vrai enfant de Montréal. Après avoir multiplié les projets musicaux et fait paraître plusieurs maxis, il offre aujourd’hui son premier album officiel, Diasporama, un album double.

Le premier disque, réalisé par Boogat, donne un aper­çu de son univers soul hip-hop, tandis que le second, réalisé entre autres par le claviériste d’Éric Lapointe, Bruce Came­ron, propose des titres aux sonorités plus rock. Métro s’est entretenu avec cet artiste polyvalent qui cache toujours une nouvelle chanson dans sa manche.

Tu as découvert la musique grâce à des cours de violon. Comment es-tu passé de la musique classique à la soul hip-hop?
Le violon, c’était l’idée de ma mère! C’était un truc un peu forcé, mais qui m’a fait apprécier la musique. J’ai fait du violon de l’âge de 4 ans et demi à 13 ans. Un an après, j’ai commencé à écrire des rimes. Après, ç’a toujours été quelque chose que j’ai fait pour mon plaisir personnel, mais au fur et à mesure, c’est devenu quelque chose de sérieux. J’ai officiellement commencé ma carrière musicale en 2003.

Tu as décidé de faire paraître un album double. N’est-ce pas un peu risqué avec la conjoncture actuelle dans l’industrie du disque?

Pour moi, ce n’était pas une question de risque, mais bien de célébration de la musique. Quand on parle d’un album double, ça me semble erroné. En ajoutant un deuxième volet, je voulais pouvoir mettre en évidence mon groupe, The Consequences, et pouvoir donner un aspect plus live à l’album.

Tu as fait paraître quatre albums «de rue» en 2009. Tu as été assez prolifique cette année!
J’ai toujours eu la capacité de le faire. Je suis capable de créer des chansons et je voulais le montrer. C’est un de mes meilleurs atouts! Je rape aussi en anglais, alors tous ces maxis, je les ai faits pour mettre en évidence que j’avais un album francophone qui s’en venait. Je voulais m’assurer d’élargir mon bassin de fans avant sa sortie.

Est-ce qu’avec ce premier album officiel tu penses te faire connaître davantage du grand public?
Certainement, oui! Il n’y a pas de réponse longue à cette question!

Tu rapes également en anglais, pourquoi as-tu décidé que Diasporama serait en français?

C’est une question de géopolitique! Mais avant toute question de business, je suis francophone, même si je viens de l’ouest de Montréal, qui est un milieu plus anglophone.

Une des chansons de l’album s’appelle F.L.Q. (2K9), pour Frais, Libres et Québécois. C’était assez audacieux de ta part de reprendre les initiales du Front de Libération du Québec.
Tu trouves? C’est de l’audace, mais personne ne m’associe au mouvement souverainiste. Venant de moi, c’est assez neutre. Dans ma chanson, je ne parle pas tant de la souveraineté que de la fierté québécoise. Le FLQ, ça fait partie de notre histoire, il ne faut pas le nier non plus. Je cherchais à faire réagir, je ne m’en cache pas!

Il y a beaucoup de collaborations sur ton album. Certaines sont moins surprenantes parce qu’elles sont faites avec des gens du milieu hip-hop, comme Boogat, KenLo, Dubmatique, mais d’autres associations, avec James Di Salvio, Jérôme Minière et Paul Cargnello, sont plus surprenantes. Pourquoi as-tu voulu travailler avec eux?
Avant de faire l’album, j’ai dressé une liste de gens du milieu avec qui j’avais envie de travailler. Je ne connaissais pas Jérôme Minière personnellement, mais sur ses albums, il y a toujours une ou deux chansons que j’aime beaucoup. C’est le premier qui a répondu à l’appel. Paul Cargnello, je le connaissais déjà et j’aimais le fait que ce soit un Anglo qui fait des albums francophones. C’est une voix différente, et son blues est impeccable!

Est-ce que tu as l’impression que des collaborations de la sorte vont aider à transformer l’image du hip-hop, qui peut paraître parfois hermétique?
La manière dont je le vois, c’est que la scène musicale québécoise est assez ouverte. Il y a beaucoup d’échanges qui se font, mais pas nécessairement avec la scène hip-hop. Il y a aussi une résistance de l’extérieur à approcher le hip-hop. Je cherche à créer ce lien-là!

Pour plus d’informatin sur l’artiste, visitez le site de Karma Atchykah.

Diasporama
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