Julie-blanche Voïvod

Pour célébrer le 30e an­niversaire de sa création, le légendaire groupe trash métal prog Voïvod lance un tout nouveau chapitre, Target Earth, pas piqué des vers, où plane l’ombre de son célèbre et influent maestro, le regretté Denis D’amour, alias Piggy.

«Si j’ai réalisé un rêve d’enfant en me joignant à Voïvod il y a cinq ans? On dirait que toute ma vie, même avant que je commence à jouer de la guitare – car j’ai commencé à le faire grâce à ce groupe –, je me suis préparé à cela», lance le guitariste Dan «Chewy» Mongrain. À 36 ans, ce dernier est le plus jeune membre de la formation qui a vu le jour à Jonquière au siècle dernier, avant de devenir un groupe culte célébré aux quatre coins du globe et une référence pour de nombreux groupes, dont Pantera et Nirvana.

Deux éléments primordiaux semblent se dégager lorsque le journaliste tente d’analyser cette longévité doublée d’une évidente crédibilité. D’une part, l’apport indéniable de Piggy qui, fort d’une très vaste culture musicale, a introduit des accords inspirés du courant rock progressif, tel que représenté par des formations comme Genesis ou King Crimson et, d’autre part, une approche résolument puriste.

«La formation a su se faire respecter tant par son intégrité et sa musique que par sa philosophie au regard de son art auprès des autres groupes de métal, mais aussi de la communauté musicale en général. Si Voïvod est devenu un groupe culte, c’est parce qu’il a toujours su se renouveler tout en demeurant dans la marge. Ce qui se rapproche de l’art pur», explique Chewy, qui s’est lui-même senti interpellé par l’originalité du band jonquiérois au point d’en devenir un fan.

«On peut entendre des extraits de musique de film camouflés dans certaines pièces. J’en ai fait la découverte alors que j’étudiais le jazz-pop et le classique à l’université. À un moment, j’écoutais Le sacre du printemps de Stravinski et je me suis dit : “Han! Stravinski a volé un riff à Voïvod!” (Rires) Alors que c’est le contraire. Piggy était donc capable d’intégrer des éléments très complexes du classique dans sa propre musique, tout en créant des ambiances similaires à la musique progressive, contemporaine ou à des bandes sonores de films. Ce qui a permis de créer une musique, à mon avis, unique au monde.»

L’univers sonore trash speed des débuts a donc beaucoup évolué pour devenir de plus en plus intrigant et sophistiqué au fil des ans. Le dernier-né, Target Earth, 13e album studio qui marque aussi le retour du bassiste original Blacky (Jean-Yves Thériault) après plus de 15 ans d’absence, devrait aussi contribuer à nourrir la légende. Le reste appartient à l’histoire. Rock on.

Voïvoid
Target Earth
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