MONTRÉAL – Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) a dévoilé mercredi l’une des pièces majeures de l’exposition «Pérou : royaumes du Soleil et de la Lune», qui sera présentée en exclusivité au Canada, et en première à Montréal du 2 février au 16 juin.

Déjà surnommé la «Mona Lisa» du Pérou par certains médias à l’international, l’ornement frontal, qui remonterait au IVe ou au Ve siècle de notre ère, représente une terrifiante divinité marine encadrée de huit tentacules.

Le poulpe en or mochica est devenu une icône de la lutte contre le trafic d’art après une aventure rocambolesque ayant débuté en 1988.

La pièce a été interceptée par Scotland Yard dans une galerie de Londres, après la dénonciation dès 2004 d’un indicateur privé.

Le fameux poulpe mochica a été récupéré en 2006 par les autorités du Pérou puis remis au Museo de la Nación à Lima.

À Montréal, il sera entouré par plus de 370 œuvres d’art (peintures, sculptures, ornements en or et en argent, céramiques, photographies, œuvres sur papier, textiles et vidéos) provenant de près de 50 collections publiques et privées afin de faire revivre aux visiteurs du Musée plus de 3000 ans d’histoire ainsi que les découvertes archéologiques des dernières décennies.

Cette œuvre a été retirée exceptionnellement de son espace permanent à Lima, pour faire partie à Montréal de l’exposition intitulée «Pérou : royaumes du Soleil et de la Lune — Identités et conquêtes aux époques ancienne, coloniale et moderne».

Le ministre de la Culture du Pérou, Luis Alberto Peirano Falconí, estime qu’elle représente un «symbole de la lutte du Pérou contre le commerce illicite des biens culturels», selon ses propos rapportés par le MBAM.

Chef-d’œuvre de l’orfèvrerie du Pérou ancien, cet ornement frontal aurait été découvert, selon l’archéologue Walter Alva, lors des fouilles illicites d’une tombe de La Mina dans la vallée de Jequetepeque, intensément pillée en 1988-1989.

Il faisait partie des offrandes déposées dans la sépulture d’une femme de l’élite religieuse mochica.

Vers le Ve siècle après J.-C., les sociétés mochica établies sur la côte nord du Pérou étaient dominées par des élites militaires et religieuses qui partageaient un même système de croyances.

Chacun des huit tentacules du poulpe se termine en tête de poisson-chat, tandis que la tête est portée par des griffes de hibou. Ce bijou singulier témoigne de l’importance accordée aux officiants des rituels mochica.

Aussi dans Culture :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!