MONTRÉAL – Cette semaine, sur leur plateau (en blocs Lego), Guy A. Lepage et Dany Turcotte reçoivent Josée Arsenault, enseignante passionnée. C’est du moins la scène imaginée par Marc-André Caron, enseignant à statut précaire qui a mis en ligne vendredi ce pastiche de l’émission à succès.

Intitulée «Tout le bloc en parle», cette vidéo d’une durée d’un peu plus de trois minutes a déjà attiré l’attention de Guy A. Lepage, qui l’a relayée sur Twitter en mentionnant que l’exercice était «très réussi», et par Dany Turcotte, qui a parlé d’une «magnifique pédago-parodie» de l’émission «Tout le monde en parle».

En effet, tout y est: les cartes et le clavier de l’animateur, la «question qui tue» et la fameuse carte du fou du roi. Le créateur de la vidéo y a consacré environ six mois et a passé quelque 100 heures, au total, à animer ses personnages.

«Et ça m’a pris une bonne quarantaine d’heures avant ça pour faire les marionnettes et faire en sorte qu’elles ressemblent un peu aux personnages, monter les décors et tout ça. Il y a pas mal de temps derrière ça», a expliqué Marc-André Caron en entrevue téléphonique.

L’enseignant de 37 ans, qui roule sa bosse dans le domaine depuis environ six ans, se dit toujours passionné par son métier. Il a voulu rendre hommage à ceux qui le pratiquent, tout en déboulonnant certains mythes persistants.

L’un d’entre eux, les vacances estivales, fait d’ailleurs l’objet de «la question qui tue».

«Que répondez-vous aux gens qui disent que les profs sont payés l’été à ne rien faire», demande Guy A. Lepage à son invitée.

«On n’a pas de paye d’été, rétorque-t-elle. Les enseignants travaillent 10 mois par année, mais leur salaire est réparti sur 12 mois. Alors on se paie notre salaire d’été.»

La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) a offert à M. Caron un budget de 6000 $ pour mettre au monde quatre vidéos sous le thème de la valorisation de la profession enseignante dans le cadre d’une campagne intitulée «J’enseigne, je prépare l’avenir». La capsule «Tout le bloc en parle», notamment disponible sur YouTube et le site Internet de l’enseignant, est la quatrième de cette série.

M. Caron avait auparavant mis ses talents au profit du Syndicat de l’enseignement de Champlain, pour qui il a produit deux vidéos abrasives au ton bon enfant — une première sur les propositions de la Coalition avenir Québec en matière d’éducation et une autre sur les compressions en éducation («Coupures en bloc»), dans laquelle Line Beauchamp passait au tordeur.

«Le but (des deux campagnes) n’était pas le même. Quand on a carrément attaqué, si on veut, Line Beauchamp et la CAQ, on voulait dénoncer des choses qui n’avaient pas d’allure pour nous. Avec la FSE, on veut valoriser la profession enseignante», a-t-il précisé.

M. Caron serait certes intéressé à produire et réaliser de telles capsules à plein temps, mais il ne serait pas prêt à laisser tomber son contrat en enseignement de l’histoire et de la géographie à l’école secondaire Polybel, à Beloeil — et ce, même si sa tâche d’enseignement (25 pour cent), représente moins d’une journée et demie de travail à l’école.

«Si quelqu’un me disait: ‘On t’engage pour faire des films à temps plein’, je dirais oui, mais je garderais mes classes. J’ai trop de fun à faire ça; j’adore l’enseignement!»

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