Quand on lui parle des critiques dithyrambiques que son spectacle au Théâtre de Quat’Sous lui a values à l’automne, Clara Furey s’empresse de relativiser : «J’en ai aussi eu de très mauvaises! lance-t-elle. Mon show semble n’avoir laissé personne indifférent. C’est bien. En tant qu’artiste, c’est ce que tu recherches.»

Fille de Lewis Furey et de Carole Laure, Clara Furey est danseuse, actrice et auteure-compositrice-interprète. Cette diplômée des Ateliers de danse moderne de Montréal est passée par toute la gamme des émotions au cours de la dernière année en raison d’une blessure aux côtes subie en mai 2010 lors des répétitions pour le Festival TransAmériques. Au repos forcé, la jeune femme s’est concentrée sur sa musique, découvrant ainsi «un monde de possibilités». Le tout, grâce à l’achat d’un synthétiseur Nord Wave. «Pour ne pas virer folle, j’avais besoin d’un nouveau jouet, raconte cette artiste polyvalente qui a fait des études de piano classique. J’ai toujours résisté à tout ce qui est ordi, technologie. Mais là, je me suis dit : « C’est le moment ou jamais. »»

Des 15 chansons qu’elle a jouées au Quat’Sous en octobre, Clara n’en gardera qu’une demi-douzaine pour ses deux concerts au Musée d’art contemporain. Sans compter ses relectures des titres du groupe rock Metric et de la chanteuse électro-pop Uffie. Au moment de l’entrevue, elle planchait sur l’écriture de nouvelles pièces en compagnie de son frère, Tomas Furey.

Sur scène, Clara Furey a beau porter un costume de toréador et miser sur des projections pour accentuer la tension dramatique qui émane de ses chansons, elle hésite à employer le mot «théâtral» quand vient le temps de décrire ses tours de chant. «Dans ma tête, je fais des shows de musique assez straight, répond-elle. Pour moi, quelque chose de théâtral, ce serait concevoir un comédie musicale…»

Justement, Clara travaille depuis quelques temps à l’élaboration de Hello… How Are You? avec Céline Bonnier. Il s’agit d’un spectacle mult­­idisciplinaire que les deux femmes présenteront ensemble cet automne au Théâtre La Chapelle. «Ce n’est ni un show de danse ni une pièce de théâtre traditionnelle avec une narration de A à Z, dit-elle. C’est de la performance.»

Clara a aussi profité de sa convalescence pour jouer un petit rôle au cinéma : elle a pris part au tournage du long métrage On the Road, de Walter Salles. Le public a aussi pu l’apercevoir dans le récent Good Neighbours, de Jacob Tierney.
«Je ne me considère pas comme une actrice, dit-elle. Ce n’est pas ma priorité.»

Clara meurt d’impatience de remonter sur scène au sommet de sa forme, chose qu’elle fera enfin ce soir. Sa mésaventure du printemps 2010 lui aura toutefois permis de découvrir une nouvelle facette de sa personnalité. «Aujourd’hui, j’assume que je suis créatrice, dit-elle. Étant donné que j’ai été blessée et qu’on ne m’a pas engagée, j’ai dû générer moi-même mon travail. Ça m’a permis de réaliser que j’avais besoin de créer. Je sais que j’ai ouvert une porte qui ne se fermera plus.»

La fille des autres

Clara Furey admet avoir déjà porté l’héritage parental comme un fardeau. «Bêtement, à l’adolescence, je les trouvais quétaines et niaiseux, alors qu’aujourd’hui, quand on me dit que je ressemble à ma mère, je réponds : « Merci beaucoup. » Mais ça me fait chier quand je donne une entrevue et que tout ce que le journaliste trouve à dire, c’est: « Clara Furey, fille de Carole Laure et de Lewis Furey. » C’est le genre de truc qui me tape sur les nerfs!» La jeune femme rêve du jour où les articles qui lui seront consacrés ne feront pas allusion à ses célèbres parents.

«Je trouve ça cheap quand les gens se servent de mes parents pour m’attaquer, dans le style : « Elle chante encore plus mal que sa mère. » Ça, je trouve ça con. Ça me rend hystérique… mais je finis toujours par en rire!» 

Clara Furey
Musée d’art contemporain
Lundi et mardi à 20 h

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