Alliance films Cyanure raconte l’histoire des retrouvailles entre Joe (Roy Dupuis, à droite), qui vient de sortir de prison, et son fils Achille, 13 ans (Alexandre Etzlinger, au centre), qui vit seul avec sa mère (Sabine Timoteo, à gauche) et que Joe n’a jamais connu.

Roy Dupuis incarne un méchant garçon qui parle un français européen dans Cyanure de Séverine Cornamusaz, une coproduction Suisse-Québec. L’exemple par excellence d’un père que personne ne veut avoir.

Le dernier chapitre, Les doigts croches, Monica la mitraille, The Timekeepers, L’instinct de mort : Roy Dupuis s’est fait une spécialité des rôles de bandits et de salauds, et il ajoute ici une corde à son arc. «C’est sûr que je peux fitter dans les films de gangsters, avoue, sourire en coin, le populaire acteur qu’on peut également voir dans Roche papier ciseaux. Souvent, on va demander des criminels qu’ils soient spéciaux, qu’ils aient une certaine force. J’accepte de jouer ces personnages-là, parce que ce sont des marginaux.»

Dans Cyanure, il se glisse dans la peau d’un père qui vient tout juste de sortir de prison et qui tente d’utiliser son fils adolescent (Alexandre Etzlinger) pour reconquérir sa femme. Cet être violent et manipulateur est prêt à tout pour arriver à ses fins. «Je trouvais ça très intéressant qu’il se câli**e de son enfant. Pour lui, il n’est pas père. Il n’a pratiquement jamais vu son fils. C’est un aspect du film qui est venu me chercher et qui participe à la démolition du mythe des gangsters.»

«Tu as aussi toute la problématique du système d’incarcération, qui fait en sorte que les gens, s’ils passent un certain temps en dedans, deviennent mésadaptés, poursuit l’interprète. Ce qui fait que la plupart du temps, ils y retournent.»

La relation entre Roy Dupuis et le jeune Alexandre Etzlinger étant au cœur du récit, la réalisatrice s’est arrangée pour inscrire leur première rencontre dans la trame du long métrage. «Séverine m’a caché à lui, se rappelle celui qu’on verra au cours des prochains mois dans L’autre maison. On s’est seulement rencontrés la journée où on a tourné la scène où j’arrive à la maison. Il était un peu en admiration, comme il est devant son père dans le film. Ce rapport-là était très présent, et j’ai embarqué là-dedans. Au début, je ne lui parlais pas beaucoup. Je n’étais pas aussi méchant que mon personnage, mais j’entretenais la distance.»

L’autre bout du spectre
Cyanure rompt avec Cœur animal, le précédent film de la réalisatrice, qui était de facture plus naturaliste et dérangeante, à mi-chemin entre le cinéma de Bruno Dumont et celui de Rodrigue Jean. Il adopte un esthétisme plus stylisé, pas très éloigné de la bande dessinée, avec une bonne dose d’humour.

«C’est un sujet qui aurait pu être très lourd, concède Roy Dupuis. Mais vu qu’on est toujours du point de vue du fils, on alterne entre l’imaginaire et la réalité, jusqu’à un monde manga, et ça aide à faire passer la pilule. Ça en fait un objet particulier. C’est un film qui a son originalité, son souffle, sa couleur, tout en parlant de choses très sérieuses.»

Cyanure
En salle dès vendredi

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