Alexander F. Yuan Ai Weiwei. Alexander F. Yuan / La Presse Canadienne

TORONTO – Bien qu’il ait été nommé l’un des plus influents artistes du monde par le magazine ArtReview, le Chinois Ai Weiwei ne pourra assister au lancement de la rétrospective consacrée à son oeuvre au Musée des beaux-arts de l’Ontario, samedi, à Toronto.

L’artiste multimédia, devenu un symbole de la dissidence contre le gouvernement chinois, à la fois à travers son art et son engagement social, a été privé de son passeport après son incarcération pour évasion fiscale, en 2011.

Ai Weiwei, âgé de 55 ans, affirme toutefois avoir été puni pour son militantisme et déclare que la prison ne l’a pas muselé.

Dans un échange de courriels avec La Presse Canadienne, il soutient que le pouvoir d’un artiste réside plutôt dans sa «capacité à aborder des zones et des problématiques habituellement considérées différement en fonction des normes sociales ou esthétiques du grand public».

Ai Weiwei renchérit en ajoutant que son incarcération est l’occasion de songer à de telles contraintes, d’agir en conséquence et de lier ses actions à une «pronfonde signification». La plus importante de toutes serait celle de la liberté, a-t-il poursuivi, ajoutant espérer que cela puisse profiter au plus grand nombre de personnes.

L’exposition du MBAO, qui sera ouverte au public du 18 août au 27 octobre, est la première au Canada à être consacrée à Ai Weiwei. Son travail a notamment été présenté dans des galeries de Tokyo, Washington et Indianapolis.

«Je crois qu’Ai Weiwei est très bien connu; il a toujours fait beaucoup de choses et ces choses ont désormais l’occasion de voyager à travers le monde, mais lui ne le peut pas. À mons avis, cela en dit long sur la situation», a souligné Kitty Scott, commissaire du MBAO pour les arts moderne et contemporain.

Les visiteurs auront l’occasion d’admirer tout un éventail du travail de l’artiste, dont un mur entièrement marqué des noms et dates de naissance des 5212 enfants tués par le séisme de la province de Sichuan en 2008 et une sculpture faite de morceaux d’acier récupérés sur le site de la catastrophe, entre autres.

Le fait qu’Ai Weiwei ne puisse assister la commissaire dans l’installation de ses oeuvres constitue par ailleurs un défi supplémentaire pour la direction du MBAO.

«Il faut vraiment s’appuyer sur le regard de l’artiste et sur sa vision des choses pour disposer chacun des objets. Et lorsque vous ne pouvez expérimenter l’espace de manière physique, c’est une immense perte», a expliqué Mme Scott.

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