Anthony Sacco/Collaboration spéciale La compagnie française de théâtre de rue La Salamandre présentera Essat dans le cadre du sixième Festival de théâtre de rue de Lachine.

Le Festival de théâtre de rue de Lachine prend son envol aujourd’hui. Né il y a 17 ans à Shawinigan, le premier festival du genre en Amérique du Nord s’impose aujourd’hui au Québec comme un moteur de développement pour l’art in situ, où le lieu joue un rôle actif.

Le théâtre in situ, explique le co-fondateur et aujourd’hui co-directeur artistique du festival, Rémi-Pierre Paquin, en est un où le lieu dans lequel il prend place joue un rôle déterminant. «Ça ne se passe pas dans les salles de théâtre, mais dans l’espace quotidien des gens. Dans plusieurs cas, la performance va apporter une signification différente à un lieu.» Les 10 premières années, le festival se tenait à Shawinigan. Depuis maintenant six ans, il a lieu dans l’arrondissement Lachine, un lieu propice à la création, selon Rémi-Pierre Paquin. «Tu as le lac en avant, le parc, les vieilles bâtisses, les vieilles brasseries… des lieux vraiment chargés de sens, et nous on aime ça parce qu’on se sert vraiment du lieu dans nos spectacles», s’enthousiasme-t-il.

La tenue de cet événement stimule toujours autant la créativité de Rémi-Pierre Paquin. On l’a surtout connu au petit écran dans Mauvais Karma ou Les Invincibles, mais en dehors des plateaux de tournage, ce festival lui permet de stimuler sa créativité hors les murs. Ce diplômé de l’UQAM en théâtre y fait des rencontres, alors que 135 artistes venus de milieux artistiques divers débarquent à Lachine chaque année. Issus de la France, de l’Ontario et du Québec, ils enchaînent les performances artistiques de tous genres. Au menu figurent autant la danse et le cirque, que la musique et le théâtre.

Créé avec l’intention de «théâtraliser la rue», le festival semble avoir animé beaucoup plus que la rue. L’événement a grandi au même rythme que se sont développées les compagnies de théâtre de rue dans la province, se réjouit le comédien. «De plus en plus les compagnies ont le réflexe de développer des scénographies adaptées à l’extérieur et qui ne sont pas faites pour un show en salle. Au début, se rappelle-t-il, les artistes s’acharnaient parfois longtemps sur des décors qui, au final, mis dehors, avaient l’air tout petits. Quand ton décor est tout petit à côté d’un duplex, ça ne marche pas, continue-t-il, expliquant qu’il faut utiliser les éléments nouveaux qu’apporte l’environnement comme des stimulus à la création. Il faut apprendre à utiliser ce duplex-là pour lui changer son sens.»

Inspiré des grands événements urbains qui ont cours en France et en Espagne, comme les festivals de Chalon-sur-Saône et Aurillac, le Festival de théâtre de rue de Lachine accueille par ailleurs chaque année une grande production étrangère. Cette année, c’est la compagnie française Salamandre qui présentera son flamboyant (elle utilise le feu) spectacle Essat.

Touche-à-tout, Rémi-Pierre Paquin prend plaisir à programmer des festivals. En plus de vouer une grande fidélité au Festival de théâtre de rue, il a également intégré cette année l’équipe du Zoofest. Multipliant les projets, il en est actuellement à rénover le local de ce qui deviendra bientôt Le Trèfle, un pub irlandais sur Ontario, dans Hochelaga. Le projet est encore à un stade embryonnaire, mais celui qui, lui-même, est chanteur et guitariste du groupe Balboa prévoit mettre sur pied dans son futur bar une petite programmation musicale.

Les incontournables

Parmi la vingtaine de spectacles de la programmation, le choix est difficile pour Rémi-Pierre Paquin. Il se risque tout de même et en suggère deux.

  • Essat, par la compagnie française Salamandre. «Quand on pense à des spectacles utilisant le feu, on a tendance à associer ça aux cracheurs de feu ou à quelque chose de spectaculaire. Dans Essat, il y a quelque chose de spectaculaire, oui, mais ce n’est pas que ça. On est entraîné dans un univers clair et particulier. À la direction artistique, on a décidé de les placer sur le bord du lac Saint-Louis; alors ça rend le tout d’autant plus féerique!»
  • Escadron volant, par la troupe de danse torontoise BoucharDanse. «Ce sont des danseurs vraiment talentueux. Leur façon de bouger est vraiment particulière; le travail qu’ils ont fait sur leur corps est débile.»

Festival de théâtre de rue de Lachine
Jusqu’à samedi de 19 h à minuit
Sur les berges du canal de Lachine et du lac Saint-Louis

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